Questionnement sur nos choix en tant que femmes…

image_pdf

Il me plaît d’observer les annonces publicitaires qui rivalisent d’ingéniosité pour satisfaire les clients et les clientes. Que ce soit dans l’industrie alimentaire, dans la mode vestimentaire, dans l’offre éducative ou dans bien d’autres domaines, la variété des offres tendent à garantir une possibilité de choix aux consommateurs. Cette idée de choix, sans équivoque rime avec l’idée de liberté qui à son tour fait appel à des critères de convenance. La variété de proposition existant sur le marché veut satisfaire au maximum les exigences du plus grand nombre d’utilisatreurs-trices. La satisfaction personnelle est après tout le critère clé qui guide et oriente le choix pour un bien ou service plutôt que pour un autre.

 

Cependant, au regard des statistiques alarmantes concernant les violences faites aux femmes, et surtout après les récents évènements médiatiques, il me paraît utile et important de se poser les questions suivantes : la liberté de choix serait-elle seulement destinée à certains domaines de la vie et pas à d’autres ? Pourquoi le non choix d’une option donnée engendre- t-il des conséquences graves pour les femmes ? Y aurait-il des limites tacites imposées aux femmes lorsqu’il s’agit de faire des choix, surtout les choix les plus intimes ?

 

En effet, malgré l’existence de multiples filières éducatives officiellement réservées à tous, l’expérience a prouvé que les filles sont admises dans des filières spécifiques au détriment de celles dites « réservées aux hommes ». Est-ce vraiment leur choix ou le fruit d’un détournement subtil de leur intérêt pour ces filières par une inculcation de la volonté d’autrui ? De même le nombre de femmes représentées dans les postes de décisions politiques comparé à celui des hommes est frappant. Pourtant les femmes, tout comme les hommes, ont le droit d’être élues.

 

Est-il possible de choisir son style vestimentaire, ses lieux de fréquentations sans être victime d’agression sexiste de tous genres comme cela a été le cas en vieille ville au courant du mois d’aout à Genève ? Une fille peut-elle refuser des propositions qu’elle juge indécentes sans représailles violentes ?

 

Ai-je vraiment le choix de revendiquer mon choix ? ou au contraire dois-je me conformer au choix de l’autre ou me résigner à vivre dans la peur ?

 

Il est clair qu’il existe un déséquilibre dans l’expression des libertés qui existent pour les hommes et les femmes. La contradiction qui existe entre la multiplicité de choix de consommation matérielle d’une part, et les limites dans l’expression des droits humains d’autre part, doivent interpeller sur les priorités de notre génération. Si l’idée de choix dans les habitudes de consommation est bien acceptée et encouragée, pourquoi n’en serait-il pas de même pour les choix des femmes dans d’autres sphères ? Il y a alors urgence que la balance soit rétablie pour un respect des droits fondamentaux des femmes aussi.

 

Larissa BAMBARA
Présidente du CLAFG