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Anne Bonvin Bonfanti,
Responsable du groupe de travail «égalité» des Verts genevois

Prise de position du groupe de travail «égalité» des Verts genevois

Une initiative au nom trompeur

Cette initiative menace tous les traités internationaux et a notamment pour objectif de dénoncer la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH). Cette convention, qui se réfère à la Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée par l’ONU en 1948, a pour objectif de protéger les droits de l’homme et les libertés fondamentales (par exemple le droit à la vie, l’interdiction de la torture, le droit à un procès équitable, le droit à la vie privée et familiale, le droit à la liberté d’expression, etc.). Les habitant-e-s des 47 Etats membres peuvent saisir la CEDH quand toutes les instances nationales ont été épuisées. C’est par exemple dans le cadre de la ratification de son adhésionà la CEDH que la Suisse a introduit le droit de vote des femmes. En outre, la justice suisse prend rarement des décisions courageuses dans le domaine de l’égalité, le fait de pouvoir recourir à la CEDH est donc capital pour que les femmes puissent faire reconnaître leurs droits.

Cette initiative ne vise pas à combattre les prétendus «juges étrangers» – un titre mensonger puisque notre pays est représenté par deux juges suisses au sein de la CEDH – mais à s’attaquer aux principes de l’Etat de droit et au troisième pouvoir qu’est le système judiciaire. En s’attaquant à la CEDH qui protège les citoyens contre les abus de leurs Etats, l’UDC veut invalider la protection des procédures et des minorités afin d’ouvrir la voie à la dictature de la majorité. Si l’initiative venait à être acceptée, la protection des droits humains en Suisse et la crédibilité de notre pays en seraient profondément ébranlées, tout comme notre canton qui perdrait toute légitimité pour accueillir la Genève internationale.

Renforcer les droits fondamentaux tels que le principe de proportionnalité, la protection des minorités et les droits humains fait partie de l’ADN des Vert-e-s et nous nous combattons donc fermement cette initiative catastrophique pour notre pays.

Ce sera donc NON le 25 novembre.

Sophie Dubuis,
Présidente des Genevoises PLR

Prise de position des Genevoises PLR

L’initiative d’autodétermination oublie « l’ordre des choses»

Après lecture des documents et articles à disposition, j’ai été frappée par cette initiative dangereuse proposée au vote le 25 novembre. Sous le terme séducteur de «l’autodétermination», l’UDC nous propose de torpiller des années de relations internationales et de censurer la tradition diplomatique de la Suisse. En votant oui à cette initiative, nous donnons au monde une raison de ne plus faire confiance à la Suisse. Des années de travail de collaboration avec les organisations internationales et la Confédération suisse m’ont convaincues de la respectabilité que notre pays a acquis sur bien des points au niveau international et des bénéfices pour la Suisse. Contrairement à ce que dit l’UDC, notre démocratie directe est un exemple et cette initiative ne nous rendra pas plus fort, mais plus isolé.

L’autodétermination veut dire ne plus faire confiance aux juges dont certains sont nommés par la Suisse et affaiblir un système dont nous avons impérativement besoin. Cela signifie aussi prendre le risque que la Suisse ne respecte plus les conventions internationales comme la Convention européenne des droits de l’homme et qu’elle doive négocier beaucoup plus durement avec ses nombreux et puissants voisins. Comment pourrait-on, après des années de diplomatie couronnée de succès et respectée, en arriver là et ouvrir la porte aux inégalités?

Ma première réaction à la lecture des détails de cette initiative a été : «ce n’est pas dans l’ordre des choses». Comme le mentionne Béatrice Hirsch, politicienne genevoise, quand on joue on accepte les règles du jeu, sans quoi on se retrouve seul. De plus, tous les éléments font partie d’un système et interagissent. A l’image du fédéralisme regroupant des cantons qui respectent les règles du jeu, la Suisse a des règles à respecter.

Alors je vote NON à cette initiative dangereuse.

Jannick Frigenti Empana & Youniss Mussa
Co-président.e.s Groupe Egalité Parti Socialiste Genevois (PSG)

Prise de position du Groupe Egalité Parti Socialiste Genevois

L’initiative dite « d’autodétermination » devrait plutôt s’appeler « d’autodestruction ». Elle est une attaque frontale de la part de l’UDC contre la protection des droits humains. Mais ils ne sont pas seuls à les attaquer : des pays et des dirigeant-e-s du monde entier sapent la protection internationale des droits humains pour leurs propres intérêts nationalistes et populistes. Les femmes sont bien souvent les premières victimes lorsque les droits fondamentaux sont attaqués. Aujourd’hui en particulier, un engagement fort de la Suisse (patrie de la croix rouge) en faveur de la protection des droits humains est plus important que jamais. Nous ne pouvons pas accepter que la Suisse se rapproche des États et dirigeants aux tendances totalitaires en matière de protection internationale des droits humains, et devenir ainsi une île en Europe.

Aujourd’hui, les droits humains garantis au niveau international protègent les citoyen-ne-s de l’arbitraire des États. Le droit international, et en particulier la Convention européenne des droits de ‘homme (CEDH), a permis à de nombreuses et nombreux citoyen-ne-s d’obtenir des avancées sociales importantes, notamment sur le droit de vote des femmes.

L‘« initiative pour l’autodétermination » de l‘UDC sabote la coexistence pacifique de toutes et tous. En créant régulièrement des problèmes là où il n’y en a pas pour la majorité des Suissesses et des Suisses, l’UDC utilise les instruments démocratiques à des fins de propagande, de diffamation et de désinformation. L’initiative constitue une attaque contre le droit, la démocratie et le respect.