La porte vers une année féministe est ouverte !

image_pdf

Depuis 37 ans, la constitution suisse est favorable à un salaire égal pour un travail égal. Malgré cette acceptation de la loi sur l’égalité des sexes, l’amère constat est que l’égalité dans plusieurs domaines reste quand même un luxe hors de la portée des femmes. Pour un poste de travail égal, les femmes perçoivent en moyenne 600 CHF en moyenne en moins que les hommes. Les conseils d’administration des entreprises étatiques comptent 16% de femmes et ce taux diminue à 6% pour les postes de prise de décision. Le nombre de filles qui choisissent des filières scientifiques est clairement en deçà de celui des garçons, dû à des représentations de genre perpétrées au sein du système éducatif. Disons de manière franche que la réalité quotidienne nous amène à nous poser la vraie question : Où en est-on avec l’égalité ? Pourquoi existe-il toujours des discriminations sur la base du seul fait d’être femme ? que faut-il faire de plus pour que les textes soient appliqués ? Pourquoi des sanctions ne sont-elles pas prises ? A quand l’égalité réelle ?

Le jeudi 14 juin, le conseil national suisse a voté la loi qui instaure des quotas pour les entreprises cotées en bourse. Au moins 30% de femmes dans les conseils d’administration et 20% dans les directions. Défendue par certains et critiquée par d’autre, l’instauration des quotas divise les opinions, même au sein des femmes elles- mêmes. D’une part il y’a celles qui défendent le point de vue selon lequel il n’est nul besoin d’instaurer des quotas pour équilibrer la présence de femmes dans les instances décisionnelles, car selon elles ce déséquilibre serait en phase de rétablissement progressif. D’autre part, le camp de celles qui pensent que ce déséquilibre a assez duré et qu’il est temps de lui donner un coup de pouce en imposant une présence féminine à travers des quotas. Ces deux positions se sont côtoyées jusqu’au dernier moment ce jeudi 14 juin au conseil national, lorsque la loi sur les quotas l’a emporté à une seule voix. C’est bien une seule voix qui a fait la différence. La différence d’accès ou de non accès des femmes à des instances décisionnelles Suisse. Une seule voix…mais une voix qui compte, qui résonne et quoi pèse de tout son poids car elle marque la différence entre un avant et un après quant au pouvoir décisionnel des femmes en Suisse. C’est une voix grâce à laquelle les conditions de travail de plusieurs femmes vont changer.

Du même coup, cette humble voix vient nous rappeler que chaque voix, aussi petite soit-elle, compte et peut faire la différence, surtout lorsqu’il s’agit de changer des conditions de vie ; que chaque voix n’a rien à perdre en se faisant entendre, sinon que tout à gagner ; que chaque voix peut se transformer en la voix qui fait la différence et permet de tourner la page d’une époque. Osons y croire, cette petite voix a ouvert un portail sur une année d’appropriation de la loi sur l’égalité des sexes en Suisse.

Le 14 et 15 juin 2019, le Festival Plaine d’égalité et la Grève féministe vont prendront place afin de transformer l’écho de toutes ces petites voix en un bruit assourdissant. N’oublions pas que chaque voix compte. Venez donc donner de la voix !

 

  Larissa Bambara
Présidente du CLAFG