Coup d’œil sur la journée internationale de l’hygiène intime

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Le 28 mai dernier a été célébrée la journée internationale de l’hygiène intime. Depuis 2014, c’est devenu une tradition qui marque une halte sur ce phénomène naturel mensuel chez toutes les femmes. A l’origine, l’idée vient de l’allemand Thorsten Kiefer, fondateur de Wah United, une association en faveur de l’accès à l’eau et à l’hygiène.

Pourquoi s’intéresser à l’hygiène menstruelle des femmes ?

Les menstrues, ce phénomène naturel lié au fonctionnement biologique chez la femme occupe une part importante dans sa vie. En chiffres, les menstrues c’est :

  • 9% de la vie des femmes (2’730 jours)
  • 13 cycles par an
  • 42 ans de durée en moyenne
  • 546 cycles dans la vie d’une femme
  • 68’000 ml de sans perdu, soit quasiment son poids

Considérant ces données, il ressort clairement la part importante qu’occupent ces moments de menstrues dans la vie des femmes. Il ressort également que vivre des cycles menstruels dans des conditions adéquates apportent une valeur ajoutée incontestable à la qualité de vie des femmes. De même, vivre ses menstrues dans des conditions déplorables affectent gravement la qualité de vie des femmes.

Cependant de nos jours, les tabous persistants liés à ce phénomène naturel, ainsi que les violations des droits des femmes qui y sont liées semblent appartenir à une toute autre époque. En effet, il est à déplorer que le sang menstruel soit sujet à des représentations multiples dans plusieurs communautés de par le monde.  Ces représentations, basées le plus souvent sur des superstitions, du mysticisme ou simplement sur l’ignorance constituent une source de souffrances pour des milliers de filles. Les conséquences peuvent aller de l’humiliation à l’isolement, des accusations au rejet, et même jusqu’à la mort.

En Inde, une femme en règles est perçue comme source de malchance. S’approcher d’elle pourrait entrainer des maladies et même la mort (des personnes et des vaches considérées comme sacrées). Il lui est interdit de cuisiner car les règles seraient un poison qui tuent. D’où la tradition du « Chaupadi » qui est un exil menstruel dans une hutte, sans droit d’accès à la maison familiale ni à la cuisine, avec interdiction de manger pendant toute la période des règles.

Au japon, les règles « modifieraient les papilles gustatives » des femmes.  Il est difficile pour une femme de travailler comme cheffe sushi car, en plus de biaiser le gout, les règles augmentent la température corporelle et cela ne serait pas favorable à la préparation de ce plat typique et apprécié.

En Bolivie, le fait de jeter sa serviette hygiénique usagée ou son tampon dans une poubelle publique serait un moyen de propagation du cancer. De ce fait, les filles et femmes gardent leur dispositif de protection toute la journée pour ne s’en débarrasser qu’une fois de retour chez elles.

En Afghanistan, se doucher pendant les règles est perçu comme source de stérilité. Les femmes sont privées de douche pendant leur durée.

En Iran, les règles sont considérées comme une maladie et 48% des femmes le pensent aussi.

Au Népal, le sang menstruel est perçu comme une punition de Dieu pour les péchés.

En France, les femmes SDF rencontrent des problèmes d’intimité pendant leurs périodes. Celles qui n’ont pas les moyens de se procurer un dispositif de protection n’en trouvent pas dans les structure d’accueil car ces dernières n’en ont généralement pas.

Les migrations massives de population qui font l’actualité, avec leur liste non exhaustive de problèmes comme le manque d’eau, de dispositif d’hygiène menstruelle viennent accentuer le malaise de ces moments déjà assez pénibles. Au total, plus de 26’000 femmes et filles déplacées se retrouvent dans cette situation.

Le 28 mai est donc une halte bien justifiée, une halte solidaire en faveur de toute les femmes, mais particulièrement pour celles qui subissent des tors à cause des menstrues ; une halte afin de réfléchir et se donner les moyens de leur redonner le sourire, même pendant les jours de règles !

Je vous invite à découvrir ces deux vidéos qui ont été partagées par des organisations humanitaires à l’occasion du 28 mai 2018 :

Larissa  BAMBARA,
Présidente du CLAFG