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Interview de Delphine Backmann

Interview de Delphine Backmann, candidate pour le PDC au Grand Conseil.

 

Pour celles et ceux qui n’ont pas pu assister au débat en live organisé par le CLAFG  le 18 mars dernier, voici une brillante interview que Delphine Backmann nous a accordée. Delphine nous démontre bien que la solidarité féminine contribue à la promotion de l’égalité.

 

Décrivez, en quelques phrases, en quoi consiste votre activité politique :

Je suis députée au Grand Conseil, élue sur la liste du Parti Démocrate-Chrétien. En parallèle je préside également mon parti sur le plan cantonal.

 

Quelle a été la réaction de votre entourage quand vous avez décidé de faire de la politique et comment l’expliquez-vous ?

La politique a toujours été très présente dans mon environnement familial. Quand j’ai décidé de me lancer en m’inscrivant au PDC et en me présentant aux élections municipales de 2011, tout le monde a été soutenant.

 

Quels conseils donneriez-vous aux femmes qui veulent faire de la politique ?

D’oser se lancer, pour améliorer la représentation féminine. La politique peut être un monde difficile.

 

Qu’est-ce qui vous a motivée, encouragée, décidé à exercer cette activité ?

J’adore participer, à mon échelle, à la construction de la société du futur.

 

Quelles sont les défis de votre activité qui vous semblent étroitement liés à votre qualité de femme en politique ?

Nous sommes plus régulièrement questionnées sur nos compétences, sur notre capacité à assumer un mandat politique. Je cumule une activité professionnelle, une fonction de députée, je préside mon parti et j’ai deux enfants, c’est un magnifique challenge.

 

Pensez-vous que vous exercez cette activité différemment des hommes et pourquoi ?

Je ne sais pas si je l’exerce différemment. J’ai évidemment une sensibilité particulière sur des sujets liés à l’égalité par exemple. Pour le reste je trouve que c’est surtout le parcours de vie qui pousse à faire de la politique d’une manière ou d’une autre.

 

Quelles sont les contraintes que cette activité politique impose sur le reste de votre vie ?

Elle s’exerce souvent le soir, le week-end, durant les moments de vie familiale ou de vie sociale. Depuis que je préside le parti, il n’existe plus vraiment de pause ou de vacances. Il y a une perméabilité totale entre ma vie personnelle, professionnelle et politique. J’accepte de fonctionner ainsi car c’est aussi ce cumul qui enrichit mon approche politique. J’ai l’immense chance de faire ce que je fais par choix.

 

Pensez-vous que ces contraintes sont différentes de celles des hommes actifs en politique et pourquoi ?

La société fait encore peser plus de charge mentale sur les femmes à l’heure actuelle. La pression de tout faire, tout réussir, est plus forte, et les femmes sont plus souvent remises en question dans leur capacité à assumer de front charge familiale, politique et professionnelle.

 

Comment pensez-vous qu’il faut procéder pour encourager les femmes à s’engager davantage en politique ?

Encourager les autres à se lancer, proposer des horaires plus compatibles, et travailler à une société plus égalitaire dans tous les domaines politiques.

 

Adressez, si vous le souhaitez, quelques mots au CLAFG et à ses membres.

Merci au CLAFG de réunir des femmes de tout horizon, partageant un objectif commun de promouvoir l’égalité. C’est ensemble que nous serons plus fortes et que nous y parviendrons.

Interview de Fabienne Fischer

INTERVIEW de Fabienne Fischer au CLAFG

Nous vous invitons a lire l’excellent entretien que Fabienne Fischer nous a accordé. Elle est la candidate capable de créer un réel changement pour la condition des femmes à Genève. Etre féministe c’est avoir une vision de la société qui rassemble pour que personne ne soit laissé sur le chemin.

 

 

 


Pouvez-vous dire en quelques mots en quoi consiste votre parcours politique

Tout d’abord je tiens à vous remercier de votre invitation et votre accueil, c’est toujours très chaleureux de se sentir accueillie dans un groupe féminin. Pour me présenter rapidement, depuis mes 18 ans, j’ai toujours fait de la politique d’une manière ou d’une autre. Tout au long de mon parcours de vie, je me suis engagée dans la société civile, dans les syndicats quand j’étais enseignante, dans les comités de crèche quand j’avais des enfants en bas âge.

J’ai eu une vie facile, par rapport à la réalité de beaucoup de femmes. J’ai grandi dans un pays en paix, dans une famille unie. J’ai pu faire des études, j’ai toujours exercé le travail que j’avais choisi. J’ai d’abord été enseignante et aujourd’hui, je suis avocate.

Je me suis engagée chez les Vert.e.s en 2007. Et depuis lors, j’ai toujours été active. J’ai été présidente de la section des Vert.e.s Ville de Genève, aujourd’hui je co-préside celle de Lancy. Je suis trésorière des Vert.e.s sur le plan cantonal. Mais surtout j’ai eu la chance de pouvoir siéger dans des conseils d’administration importants. Celui de l’aéroport de Genève pendant 6 ans, et actuellement celui de l’Hospice général.

Je dois vraiment remercier les Vert.e.s genevois.es et les socialistes de m’avoir choisie pour représenter la gauche dans cette élection partielle au Conseil d’Etat. Et, à l’image de ce que nous dénonçons depuis toujours, il y a 8 candidat.e.s dans cette élection, et… je suis la seule candidate.

 

Nous soutenons les femmes candidates de tous bords. Il est important que toutes les femmes se sentent solidaires. Bravo pour votre engagement ! Pouvez-vous nous dire quels sont les projets que vous avez envie de porter ou que vous aimez porter ?

Ce qui a toujours fondé mon engagement, c’est le rapport que nous, les humains, entretenons avec la planète. Nous avons besoin de préserver la biodiversité et notre environnement direct, tout en améliorant les conditions et la qualité de vie de chacun.e.

Nous devons vraiment repenser notre rapport à l’environnement. L’humain doit s’intégrer à son écosystème et pas l’inverse. Nous devons absolument sortir de notre rapport de domination face aux animaux, aux plantes et aux arbres, à la vie. Il faut cesser de vouloir bétonner la ville. Et recréer des espaces propices à la biodiversité.

C’est un magnifique projet. Comme le dit mon slogan de campagne, il faut « changer de cap, maintenant, ensemble ». Et quand je dis ensemble, c’est qu’il est impératif de « ne laisser personne au bord du chemin ». Nous devons construire un monde dans lequel tout le monde trouve sa place. La justice sociale me tient beaucoup à cœur. Elle est aussi indispensable que la justice environnementale.

 

Certains disent que la planète est exploitée au même titre que les femmes sont exploitées. Qu’en pensez-vous ?

Il existe selon moi un rapport entre la condition des femmes et celle de la « nature ». C’est le pouvoir et la domination qu’exerce sur elles le patriarcat. Donc en ce sens oui, les questtions d’écologie et de durabilitié rejoignent des questions féministes fondamentales. La domination et le pouvoir du patriarcat conditionnent tant les femmes que les hommes, et c’est pourquoi les hommes sont de plus en plus nombreux à contester, aux côtés des femmes, la domination patriarcale. Ces hommes ont compris qu’ils ont tout à gagner à l’égalité.

 

Votre réponse m’amène à vous demander quelle est votre définition ou votre vision du féminisme?

L’histoire des combats féministes est longue, mais elle s’est accélérée à partir de 1968. J’avais 10 ans quand le droit de vote des femmes a été introduit en Suisse, en 1971, et j’avais 20 ans quand l’article constitutionnel sur l’égalité entre femmes et hommes a été voté, en 1981. La conquête de l’égalité, dans les lois et dans la vie, a été notre combat

 

Mon compagnon, et père de mes enfants, et moi avons toujours eu à cœur de partager de manière égale les tâches familiales, éducatives et domestiques, Il s’agissait pour nous de partager complètement la charge. Nous avons voulu rompre avec le modèle trop fréquent, aujourd’hui encore, dans lequel la femme porte sur ses épaules la responsabilité et la charge de la vie familiale et domestique, le partenaire se bornant à apporter une « aide » ponctuelle. La question du partage égalitaire des tâches a toujours été pour moi, pour nous, au cœur-même du féminisme, car elle rend possible l’épanouissement personnel et professionnel de tous les membres de la famille.

 

Quelle a été la réaction de votre entourage devant vos engagements, qu’ils soient politiques ou autres ? 

J’ai toujours été soutenue par mes proches. Mes parents ont toujours été féministes, à mon souvenir.  J’ai grandi avec des modèles inspirants que j’ai transmis, je l’espère, à mes enfants. Par exemple, ma mère a été la première femme présidente de l’Église protestante de Genève. Mon père était aussi féministe que ma mère.

J’ai reçu un soutien inconditionnel de mes proches quand j’ai annoncé que j’envisageais d’être candidate au Conseil d’État. J’ai été surprise de la chaleur des encouragements qui sont venus aussi bien de mes enfants et de mon compagnon, que de mes associés à l’Etude, de mes parents, de mes frères, de ma famille large et de mes ami.e.s. Et j’ai aussi reçu beaucoup de soutien et d’encouragements chez les Vert.e.s. Je dois dire que c’est très porteur.

 

De l’extérieur, le parti des Vert.e.s semble avoir une majorité de femmes. Quel est votre avis ?

Oui, les Vert.e.s ont beaucoup d’élues. C’est le résultat d’années de volonté et d’action politique pour promouvoir les femmes en politique.

 

Quel conseil donneriez-vous aux femmes qui veulent faire de la politique ?

Il faut d’abord laisser émerger en soi le désir d’agir et le sentiment qu’il est légitime et utile de participer à l’action politique. Ce désir rejoint le pouvoir de s’indigner. Se dire : « non mais ! Ca, je ne le veux pas. Je veux agir. J’ai le pouvoir de changer les choses ». C’est pour moi la première qualité à posséder en politique. Tout le reste s’apprend.

Ensuite il faut avoir envie de faire de la politique, il faut avoir envie de se mettre au service d’une communauté et d’apporter ses compétences et son énergie. Sans cette envie, il est difficile de faire son chemin en politique dans un milieu où il peut y avoir des rivalités, des confrontations, des divergences.

 

Quelle est votre plus grande motivation à faire de la politique ?

Dans les circonstances très particulières de cette élection, ai-je pense avoir quelque chose à apporter. Je ne suis pas une femme du sérail. Si je suis élue, je vais bousculer les habitudes et les idées préconçues. Sortir de la crise sanitaire exigera beaucoup de courage pour ne plus faire comme avant. Les défis en termes climatiques, économiques et sociaux sont urgents et majeurs.

 

Quels défis vous semblent étroitement liés à votre qualité de femme en politique ?

J’apporte des valeurs humanistes et écologistes et des qualités personnelles. Je n’ai pas le sentiment qu’elles soient spécifiquement féminines. L’avenir de l’humanité passe par la libération des femmes et… des hommes, pour que nous soyons, femmes et hommes, en mesure de développer en politique toutes nos qualités, et toute notre sensibilité. La parité, c’est un des moyens pour y arriver.

 

 

Parité hommes-femmes : êtes-vous pour ou contre les quotas ?

Nous avons besoin de modèles qui inspirent les jeunes générations. Alors bravo et chapeau à toutes celles qui nous ont précédé sur ce chemin.  Les femmes doivent dire : « nous sommes la moitié de l’humanité, nous devons être la moitié de la représentation politique ».  Il y a de bons députés parmi les hommes et de moins bons. Et pour les femmes députées, c’est pareil.

La parité permettra à de nombreuses femmes de dire : « je veux faire ma part pour ma communauté et je n’ai pas besoin d’être extraordinaire ». Il faut démocratiser l’accès à la politique, tout comme cela a été fait pour l’accès aux études, par exemple. Il faut que tout le monde se sente accueilli.e et bienvenu.e à apporter sa contribution.

 

Quelle est votre position au sujet de l’initiative de l’interdiction de se masquer le visage pour les prochaines votations ?

C’est d’abord presque comique ou tragicomique, en cette période où nous portons tous et toutes un masque qui nous cache le visage.

Les Vert.e.s appellent à voter non à cette initiative. J’ai personnellement deux arguments principaux, l’un juridique, l’autre pédagogique.

Si l’objectif est de promouvoir l’égalité, la citoyenneté, et la liberté des femmes contraintes de porter une burqa, alors ce n’est pas aux victimes de pressions familiales, sociales ou culturelles qu’il faut s’attaquer, mais à celles et ceux qui contraignent ces femmes à adopter ce mode vestimentaire. De plus, des enquêtes assez approfondies ont permis de constater que le port de la burqa concerne 30 à 40 personnes en Suisse, qui sont à 99 % des touristes de passage. J’avoue avoir de la peine à comprendre qu’on introduise un article constitutionnel pour une réalité aussi peu représentative de notre vie sociale. Sur ce plan, cette initiative se trompe de cible.

L’argument pédagogique me vient de mon expérience d’enseignante, qui m’a confirmé la force intégrative de l’école. Non seulement parce que l’école est un lieu de socialisation, mais parce que l’école ouvre à des réflexions, à des questionnements. Elle fait énormément progresser la conscience de soi dans le monde. Ce n’est pas en décidant de manière brutale d’un code vestimentaire obligatoire ou interdit qu’on fait progresser la conscience de soi et la liberté face aux codes.

Comme Conseillère d’Etat, je m’engage à défendre des projets concrets pour l’égalité, ici et ailleurs.

Quel message voulez-vous adresser aux membres du CLAFG ?

Je suis reconnaissante à l’égard de toutes celles qui ont tracé le chemin qui nous a permis d’arriver, ensemble, au point où nous sommes, et qui me permet d’être candidate d’aujourd’hui. Les pionnières ont souvent dû payer de leur personne pour ouvrir le chemin. Je me sens appartenir à une communauté féminine qui est issue de cette histoire et j’en tire une certaine fierté. Ensemble, nous contribuons à faire évoluer l’Humanité. Merci à toutes celles qui ont contribué et qui contribuent à faire ce chemin.

https://verts-ge.ch/

INTERVIEW DE REBECCA MICHELOT

Interview de Rébecca Michelot

Gemmologue, Directrice de Synapsia

 

Une lumineuse interview de Rébecca Michelot, qui nous présente son point de vue sur l’entrepreneuriat au féminin dans un monde majoritairement masculin. Elle nous dévoile la trajectoire inhabituelle de sa carrière et partage avec sincérité les défis auxquels elle a été confrontée et comment elle les a traversés.

Être une femme Entrepreneure dans un monde réservé traditionnellement aux hommes :
comment percer le double plafond de verre ?

Comment vous définissez-vous professionnellement ? Qui êtes vous ? En quoi consistent vos différentes missions ?

Je suis une femme entrepreneur depuis 10 ans. A la tête de Synapsia, entreprise spécialisée dans le conseil en investissements durables, plus spécialement dans les pierres précieuses, rubis, saphir, émeraude et diamants. Je crée également des pièces de joaillerie sur-mesure pour les clients. Je préside également la section romande de la Société Suisse de Gemmologie et le GIA Alumni Switzerland pour lesquels j’organise très régulièrement de la formation continue, des conférences, des rencontres. Auparavant j’ai pratiqué plusieurs métiers à travers différentes industrie, le monde de l’aviation au sein du Groupe GateGourmet, puis œuvré en levée de fonds grands donateurs pour le WWF International pendant 10 ans et puis en charge du développement du département gestion de fortune pour une entreprise de gestion de caisses de pensions qui désirait développer sa gestion de fortune privée et la finance responsable.

Qu’est-ce qui vous a motivée à faire ce métier ?
J’ai toujours été passionnée par les pierres, mais ne venant pas de ce milieu-là, je ne m’étais pas imaginée pouvoir un jour y travailler. C’est la rencontre avec des gemmologues qui souhaitaient établir une collaboration plus étroite avec l’entreprise de gestion de fortune pour laquelle je travaillais qui m’ont fait découvrir ce milieu plus de l’intérieur.

Quel est le plus grand défi que vous avez relevé et quelles ressources avez-vous utilisé  pour le mener à bout?
Changer totalement de vie professionnelle, passer du ‘confort’ d’un bon salaire comme directrice de gestion privée à entrepreneuse à son compte, tout en changeant en même temps de secteur d’activités- donc de se former –  était un défi de grande taille!
Ma première ressource est la détermination. Une fois la décision prise, j’avance je m’immerge pleinement dans le nouveau champ d’activité et m’investit totalement. Sachant pertinemment qu’il y aura des hauts et des bas et quelques fois souvent des bas, je reste toujours optimiste, et ne me décourage pas facilement.

Quelles questions vous n’aimez pas qu’on vous pose en tant que femme professionnelle et pourquoi ?

Aucune je crois. Je n’aime pas les tabous. Autant aborder les sujets difficiles et en parler, éclairer les points où demeurent des zones d’ombre.

Quel impact souhaitez-vous avoir dans votre monde professionnel ? Quel changement voulez-vous réaliser ?

Je souhaite mettre l’épaule à la charrue des femmes professionnelles, un des outils que j’ai trouvé utile ces dernières années et d’avoir pris la présidence du BPW Lake Geneva durant quatre ans. Un des 40 clubs BPW présents en Suisse. L’association des Business and Professional Women Suisse – BPW Switzerland – défend les intérêts des femmes actives dans le but d’améliorer la participation économique et politique des femmes. C’est la plus grande association de femmes d’affaires au monde. J’ai été heureuse d’avoir pu y contribuer de façon significative. Je suis bien sûr toujours une membre active à ce jour.

Qu’est-ce qui vous fait avancer dans les moments difficiles?
Ma foi en Dieu. Le soutien de mon mari, les échanges avec ma famille, mes amis. La musique, le plaisir de jouer du piano, la joie d’avoir deux chiens toujours joyeux qu’il faut aller promener peu importe la météo, se ressourcer en randonnant en montagne.

Comment traversez-vous vos pires moments?
Idem et relativiser les difficultés rencontrées, les diluer dans le temps, faire un ‘zoom out’, avoir une vision ‘hélicoptère’, me visualiser dans mon bureau, puis de plus haut dans ma ville, puis de plus haut dans mon pays en paix, magnifique, etc. Et réaliser très rapidement que j’ai une chance inouïe de vivre là où je suis, dans ce pays où les droits des humains, des femmes ne sont pas constamment bafoués.

Qu’est-ce qui est le plus important pour vous et pourquoi à ce stade de votre vie?
Avec cette année folle écoulée, cette pandémie, réaliser encore davantage que notre bien le plus précieux est la santé, les gens qu’on aime et qui nous aiment et que c’est un luxe incroyable de pouvoir faire un boulot pour lequel on est passionné.

Qu’avez-vous appris de vos plus grands flops?
Que les difficultés ont un délai d’expiration. La roue tourne. Demain les choses iront mieux. Il ne faut jamais désespérer.

Qu’est-ce qui vous empêche de dormir la nuit?
Mes relations aux autres. Si je me rends compte qu’un échange a mal tourné, j’analyse sans fin ce que j’aurais dû faire de différent, dire de différent. J’ai un peu de peine à lâcher prise. La paix, l’authenticité dans les relations, c’est ce que je trouve de plus importante.

Quels sont les 3 conseils que vous souhaitez donner aux femmes entrepreneures / ou qui souhaitent briser le double Plafond de Verre / métier masculin.

Arriver à être assez en paix avec soi pour oser être femme et femme professionnelle, joyeuse d’être là et d’occuper le terrain. Fermer ses oreilles aux critiques. Ne prendre garde qu’aux conseils bienveillants.

Quel message souhaitez-vous transmettre aux femmes professionnelles ?
Bien se préparer, être formée, compétente, de façon à se sentir légitimée.

 

 

Contact : https://synapsia.ch/fr

Le Grütli des Femmes et le 1er août 2021

Le Grütli des Femmes et le 1er août 2021

 

 

À l’occasion du 50e anniversaire de l’obtention du droit de vote au niveau fédéral pour les femmes, une lettre ouverte a été adressée à cinq organisations faîtières de femmes. La Commission fédérale pour les questions féminines et CH2021 ont été invitées conjointement par la Société suisse d’utilité publique à organiser la Fête du 1er aout au Grütli.

 

Madame la Présidente ou Monsieur le Président du Conseil municipal,

Mesdames, les Conseillères municipales,

Messieurs, les Conseillers municipaux,

Mesdames, Messieurs,

L’année prochaine – 2021 – marquera un anniversaire important : en 1971, il y a exactement 50 ans, les femmes en Suisse ont enfin obtenu le droit de vote au niveau fédéral et ont pu se rendre aux urnes pour la toute première fois. La prochaine Fête au Grütli sera donc dédiée à cet événement historique. En cette journée nationale, la Suisse honorera la véritable introduction de la démocratie et célébrera la possibilité pour les femmes de s’autodéterminer en tant que citoyennes à parts entières.

En effet, cinq organisations faîtières de femmes, la Commission fédérale pour les questions féminines et CH2021 ont été invitées conjointement par la Société suisse d’utilité publique à organiser la Fête du 1er août au Grütli. Nous pensons qu’en plus de la fête sur la prairie, le Grütli des Femmes devrait être célébré dans toute la Suisse. Pour ce faire, nous aimerions que ce soit des femmes qui prononcent les discours du 1er août dans le plus grand nombre de communes possible. Si de nombreuses communes répondent à cet appel, l’événement prendra ainsi une ampleur symbolique incroyable : dans toute la Suisse, des femmes se tiendront devant un public et s’adresseront directement à leurs concitoyen·ne·s. Là où les hommes sont encore les principaux intervenants, seules les femmes prendront la parole à l’occasion de cette journée de célébration. Il s’agit également pour les municipalités d’une occasion de rendre hommage aux victoires démocratiques des femmes.

Nous serions très heureuses de pouvoir vous compter parmi nous pour célébrer le Grütli des Femmes et que vous envisagiez donc de confier le discours du 1er août à une femme dans votre commune. Vous êtes invité·e·s à souligner l’événement du Grütli des Femmes et cet appel lorsque vous mandaterez l’oratrice en question.

Nous publierons les discours des femmes le 1er août sur notre site internet et via nos réseaux sociaux. Ainsi, si une femme de votre commune prononce le discours, vous pourrez nous envoyer une vidéo ou le discours lui-même afin que nous puissions le partager.

N’hésitez pas à nous contacter à tout moment pour de plus amples informations. Nous serions ravies que votre commune participe à nos côtés au Grütli des Femmes et nous vous remercions pour votre soutien.

Meilleures salutations,

Gabriela Allemann

Présidente des Femmes protestantes en Suisse FPS

Béatrice Bürgin

Présidente de la faîtière des organisations féminines de bienfaisance SGF

Anne Challandes

Présidente de l’Union suisse des paysannes et des femmes rurales USPF

 

Simone Curau-Aepli

Présidente de la Ligue suisse des femmes catholiques SKF

Yvonne Schärli

Présidente de la Commission fédérale pour les questions féminines CFQF

Zita Küng

Présidente CH201

Kathrin Bertschy

Coprésidente alliance F

Maya Graf

Coprésidente alliance F

Prises de position POUR vs CONTRE au sujet de l’initiative pour des multinationales responsables

 

Prises de position POUR VS CONTRE au sujet de l’initiative pour des multinationales responsables

Deux entretiens, deux arguments POUR et CONTRE de l’initiative pour les multinationales responsables. Les arguments POUR sont présentés par Béatrice Hirsch (PDC) et les arguments contre sont présentés par Bertrand Reich (PLR).

OUI à l’initiative: Arguments de Béatrice Hirsch (PDC)

Ces dernières années, nous avons vécu des crises majeures, notamment une crise économique en 2008 avec les subprimes, et une crise sanitaire avec le coronavirus. Durant ces crises, on espère alors ardemment que notre société puisse réaliser que l’on doit tendre à un modèle économique plus éthique, plus respectueux de l’humain et de l’environnement, et surtout, que l’économie soit au service de l’humain et de l’environnement et non l’inverse. Et pourtant… L’histoire de cette initiative montre à quel point le consensus est difficile à trouver autour de ces notions.

Alors, de quoi s’agit-il et que demande cette initiative ?

Les entreprises qui ont leur siège statutaire en Suisse doivent respecter, y compris à l’étranger, les normes internationalement reconnues en matière de droits humains et de préservation de l’environnement. Elles doivent également veiller à ce que les entreprises qu’elles contrôlent fassent de même. L’initiative demande enfin que les entreprises soient passibles de poursuites en Suisse  si ces normes ne sont pas respectées (principe basé sur la responsabilité civile des employeurs).

Le devoir de diligence n’est pas combattu par les opposants, c’est la sanction qui est contestée. Et pourtant, que vaut une exigence et une loi qui ne prévoit aucune sanction ?

Les obligations de diligence prévues par le contre-projet concernant le travail des enfants et de certains minéraux provenant de zones de conflit sont insuffisantes, le contre-projet laisse de côté l’environnement et les droits humains et pour cela, on le sait, les mesures volontaires ne fonctionnent pas.

L’objectif poursuivi par cette initiative est déjà une réalité dans de nombreux pays. En Autriche et en Suède, les multinationales sont responsables des dommages causés par leurs filiales selon des règles semblables à celles qui inspirent l’initiative. L’Angleterre et le Canada ont vu leurs tribunaux reconnaître une telle responsabilité dans leur jurisprudence. Par ailleurs, l’Union Européenne veut harmoniser les règles dès 2021, et a annoncé travailler à un projet de loi européen sur la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme et de l’environnement qui engage notamment la responsabilité civile de l’entreprise. Un groupement d’entreprises connues internationalement a salué cette annonce et s’est prononcé fermement en faveur de mesures contraignantes.

L’économie suisse a tout à gagner si nous votons cette initiative, elle montrera une image positive, éthique, volontaire en termes de développement durable et pourra ainsi assurer sa compétitivité. Il s’agit de soutenir ces entreprises suisses, qui, dans leur grande majorité,  respectent les normes et standards internationaux et qui, aujourd’hui souffrent de la mauvaise publicité faite par quelques mauvais élèves. Comment soutenir le fait que des entreprises suisses puissent faire du bénéfice en exportant des produits interdits en Suisse car nocifs pour la santé humaine ?

Dans cette campagne, malheureusement, comme souvent, on entend beaucoup de contre vérités, alors lisez le texte complet de l’initiative, et n’oubliez pas qu’en votant OUI, nous demandons au Parlement d’élaborer une loi d’application (dans laquelle l’initiative demande que l’on respecte les besoins des PME) et que c’est dans ce processus-là que les contours exacts de la loi seront définis.

Ayons le courage de reconnaître que cette initiative est nécessaire et qu’elle fera le plus  grand bien à notre économie en améliorant son image et en reconnaissant sa responsabilité éthique.

 

NON à l’initiative: Arguments de Bertrand Reich (PLR)

Le choix qui s’offre au corps électoral le 29 novembre n’est pas entre l’initiative pour les entreprises responsables et rien, mais entre cette initiative et un contre-projet qui entrera en vigueur si elle est refusée.

Le contre-projet propose une voie pragmatique et réaliste, en instaurant une transparence forte, sous menace de sanctions pénales, et des normes éthiques élevées en matière de minerais de conflit et de travail des enfants, s’inspirant à cet égard des dispositions les plus pointues dans ces domaines (UE pour les minerais ; Pays-Bas pour le travail des enfants).

L’initiative emprunte pour sa part une voie « à l’américaine » en plaçant le juge civil au centre de son dispositif. Toutefois, à l’inverse du juge américain, un tribunal civil suisse n’a aucun pouvoir de sanction et ne peut pas infliger de dommages-intérêts punitifs. En matière de travail des enfants, il sera particulièrement démuni. Indépendamment de la question du fardeau de la preuve relative au respect de la diligence, il sera compliqué pour un juge de comprendre et ensuite trancher un litige survenu à des milliers de kilomètres, dans un environnement juridique et social qui n’est pas le sien.

Le PLR considère que le contre-projet offre une meilleure protection en matière de travail des enfants en particulier et qu’il ne comporte en outre pas les inconvénients de l’initiative, dont en particulier celui de voir un juge suisse être saisi d’un litige concernant une personne et l’entreprise lui ayant causé un préjudice se trouvant toutes deux sur un autre continent. L’initiative crée en outre une responsabilité pour le fait d’un tiers et considère que les entreprises visées doivent être attentives à la diligence de l’ensemble de leurs relations d’affaires, ce qui parait excessif, voire impraticable concrètement ; elle imposerait aux entreprises suisses des exigences qu’aucune autre entreprise au monde ne connait.

Le PLR appelle donc à voter non à l’initiative, pour permettre au contre-projet d’entrer en vigueur.

A titre personnel, je salue la volonté de notre pays de progresser en matière d’éthique des entreprises et de respect des droits humains.

 

 

Interview de Nathalie Fontanet

Une interview passionnante de Nathalie Fontanet  qui nous présente son parcours et son expérience de femme politicienne, ainsi que les défis qu’elle a pu rencontrer.

 

Interview de Nathalie Fontanet

Décrivez, en quelques phrases, en quoi consiste votre activité politique

J’ai été élue au Conseil d’Etat en 2018 et je suis à la tête du département des finances et des ressources humaines. Mon rôle consiste à piloter les finances publiques de notre canton, la gestion des ressources humaines de l’Etat, les dossiers relatifs à la fiscalité ainsi qu’à l’égalité. J’ai également repris, depuis quelques semaines et de manière temporaire, le département du développement économique.

 Quelle a été la réaction de votre entourage quand vous avez décidé de faire de la politique et comment l’expliquez-vous?

Dès l’âge de 20 ans, j’ai baigné dans un environnement politique (beau-père conseiller d’Etat, ex-mari engagé en politique) et c’est tout naturellement que j’ai rejoint le parti libéral en 2003. Ce choix n’a pas été une surprise pour mon entourage qui m’a encouragée et soutenue.

Quels conseils donneriez-vous aux femmes qui veulent faire de la politique?

Je suis favorable à une représentation plus équilibrée des femmes en politique, non seulement pour refléter davantage la réalité sociale, mais également pour optimiser la diversité des points de vues. Je dirais aux femmes qui souhaitent s’engager de croire en elle-même et de s’affirmer. Les femmes doivent avoir confiance en elles et prendre la place qui leur revient.

 Qu’est-ce qui vous a motivée, encouragée, décidé à exercer cette activité?

J’ai été conseillère municipale puis députée au Grand Conseil pendant 15 ans ce qui m’a permis d’acquérir non seulement de l’expérience, mais également de très bonnes connaissances des enjeux. Cela a également provoqué chez moi l’envie de m’engager à un autre niveau.

Quelles sont les défis de votre activité qui vous semblent étroitement liés à votre qualité de femme en politique?

Les défis de mon activité ne sont pas particulièrement liés à ma qualité de femme. Mes enfants sont adultes, je n’ai donc pas à concilier mon rôle de mère avec mon activité ce qui est régulièrement avancé comme un frein.

 Pensez-vous que vous exercez cette activité différemment des hommes et pourquoi?
Je n’en suis pas certaine. Même s’il est vrai que je suis très attachée au consensus, peu encline au conflit, et que je n’hésite pas à consulter avant de décider ce qui est souvent décrit comme des comportements plutôt féminins.

 Pensez-vous que vous exercez cette activité différemment des hommes et pourquoi?
L’engagement et la charge de travail des conseillers d’Etat, qu’ils soient hommes ou femmes, sont très importants. Cela implique d’accepter de ne pas avoir d’horaires, parfois pas de soirées et pas de week-ends. Malgré cela, j’ai énormément de plaisir à exercer ma fonction.

Pensez-vous que vous exercez cette activité différemment des hommes et pourquoi?
Malgré l’évolution des mentalités et les efforts consentis, il est clair que des inégalités subsistent. Le parcours des femmes reste fortement marqué par la maternité et mener de front une carrière professionnelle et une vie de famille c’est déjà beaucoup. S’il faut ajouter à cela un engagement politique, de nombreuses femmes y renoncent. Le partage des tâches dans le couple est un facteur déterminant.

Comment pensez-vous qu’il faut procéder pour encourager les femmes à s’engager  d’avantage en politique?

Il faut les inviter à prendre leur place et à avoir confiance en elles, mais aussi leur rappeler qu’elles sont compétentes. Une adaptation des heures des séances politiques peut être un facteur, de même qu’un partage des tâches familiales plus équilibré.

Adressez, si vous le souhaitez, quelques mots au CLAFG et à ses membres?
Je tiens à remercier sincèrement le CLAFG et ses membres pour leur travail et leur contribution essentielle à la promotion de l’égalité.