INTRODUCTION
Le Comité de soutien du projet BANGWE et DIALOGUE est heureux d’avoir pu réunir neuf femmes responsables des projets dans les trois pays de la région des Grands-Lacs africains (République Démocratique du Congo – RDC, Burundi, Rwanda). La liste des participantes à cette importante mission ainsi que le détail du programme sont annexés au présent rapport.
Le programme de leur séjour en Suisse a été très intense. Dans le cadre de ce rapport, nous ne noterons que les principales activités. En plus des activités clés, ces femmes responsables ont pu bénéficier de la formation à la communication non violente et elles ont aussi été invitées à visiter une ferme genevoise dans la Commune de Vandoeuvres.
L’arrivée à Genève de ces femmes de terrain s’est accompagnée d’une lourde tache administrative et d’un soutien financier important. Que toutes les personnes et organisations qui ont joué un rôle dans l’organisation et l’appui de cette mission soient sincèrement remerciées pour leur générosité.
En marge de ces formations et des rencontres d’échanges interactifs, les déléguées ont partagé les expériences vécues au niveau de leurs pays respectifs tant pendant les guerres que durant les périodes post-conflits.
Le retour des déléguées dans leurs pays respectifs a été quelque peu retardé par la fermeture des aéroports et l’arrêt des avions causés par les cendres du volcan irlandais.
ACTIVITES CLES
A.Entretien au Palais des Nations le lundi 12 avril 2010
Le but de cette séance qui a eu lieu au Salon des ONG était une prise de contact avec les déléguées et les partenaires concernés de loin ou de près par l’action de BANGWE et DIALOGUE. Monsieur Ricardo Espinoza, chargé de liaison avec les ONG au Bureau du Directeur Général de l’ONU à Genève a passé en revue les différents appuis pour aider les ONGs à accomplir leurs mandats dans l’esprit des clauses du Conseil Economique et Social de l’ONU - ECOSOC. En effet la coopération du service dont Monsieur Espinoza a la charge ne concerne que les ONG ayant un statut Consultatif auprès de ce mécanisme onusien. BANGWE et DIALOGUE est doté de ce statut.
Trois représentantes du Comité sur le Statut de la Femme ont pu expliquer aux déléguées de BANGWE et DIALOGUE l’importance du travail de plaidoirie mené auprès des représentants des Etats dans le but de les sensibiliser sur les droits de l’homme en général et les questions liées au statut de la femme en particulier.
Les déléguées ont posé des questions d’information en rapport avec les procédures de partenariat.
Enfin les déléguées ont pu visiter l’immense bâtiment du Palais des Nations à Genève, siège des Nations Unies en Europe et elles se sont rendues à la salle XI dans le but de repérer et se familiariser avec ce lieu où devait se dérouler le programme du lendemain.
B.Panel interactif au Palais des Nations, Salle XI. Mardi le 13 avril 2010 de 9H30 à 13H sur le thème :
L’Afrique des Grands Lacs à l’heure post-conflit, espoirs, défis et engagement des femmes.
En plus des membres de la délégation qui se sont succédés au présidium pour présenter les situations de chaque pays les autres présences remarquées étaient celles de : Mesdames Patrizia Molo et Doris Gysin, Vice-présidentes du Comité de soutien de BANGWE et DIALOGUE ; de Monsieur Didier Douziech, chargé de programme Grands Lacs au Département Fédéral des Affaires Etrangères à Berne, Dr. Cruz Eya Nchama, ancien fonctionnaire de l’Etat de Genève et activiste des Droits de l’homme, et Madame Colette Samoya, Coordonnatrice de BANGWE et DIALOGUE et animatrice du panel. Trois interprètes bénévoles professionnelles ont permis à tous les participants de s’exprimer dans la langue de leur choix. Il s’agit de Mesdames Chloé Wagner, Helga McGrew et Naima Ezana.
Avant le début des travaux, Madame Patrizia Molo a prononcé une allocution d’ouverture où elle a souligné l’importance de cette mission de travail et de formation. Une minute de silence a été observée en souvenir des innocents massacrés lors du génocide des tutsis du Rwanda, et de toutes les victimes des crimes contre l’Humanité commis dans la sous-région, et de tous nos morts.
Avant de céder la parole aux panélistes du jour, Madame Colette Samoya a introduit les échanges en mettant en exergue la conceptualisation de l’impact des guerres dans la vie des femmes en général, et celle du monde rural en particulier. Au niveau international, la région des Grands-Lacs africains a une très mauvaise image ternie par les guerres fratricides incessantes. La femme y est représentée comme une mère nourricière qu’on voit toujours à la télévision avec une houe, un bébé au dos et un panier sur la tête. Les guerres ethniques s’y succèdent, les gens sont déplacés de leur environnement, les femmes sont maltraitées, violées, affamées avec leurs enfants. Mais aussi, elles sont les premières actrices de paix. Elles osent se mettre au milieu des combattants pour dire « Bangwe » - Stoppez, arrêtez de vous battre et dialoguez. Une fois la paix retrouvée, elles sont les premières oubliées, les parents pauvres des guerres et de la paix alors que les hommes se partagent le pouvoir. BANGWE et DIALOGUE met en avant une politique de non violence et de dialogue.
La situation actuelle dans la République Démocratique du Congo (RDC)
La RDC est un très grand pays d’Afrique Centrale qui compte environ 60 millions de personnes. Le taux de prévalence du VIH Sida y est de 4.6 %. Aujourd’hui la RDC se trouve en période post-conflit et post-électorale. Les dernières élections présidentielles ont eu lieu en 2006 et d’autres sont prévues en 2011. La situation y reste précaire et explosive car il y a la persistance des groupes armés qui créent beaucoup d’insécurité. Les femmes sont continuellement violées et la pauvreté s’enracine malgré les richesses naturelles énormes de ce pays. Au niveau national et régional des efforts sont conjugués pour renforcer la paix. Grâce aux organisations féminines, une loi pour combattre les violences sexuelles a été votée par le parlement. Le plaidoyer de lutte contre les rebellions et le désarmement des groupes armés donne des résultats palpables.
Au nord-est, des groupes armés surgissent dans les villages et recrutent par force les jeunes, violent les femmes, tuent les faibles et mutilent les autres. Durant la guerre, beaucoup d’arbres ont été coupés. De même, les infrastructures sociales de base ont été détruites. Faute d’autre protection, la population locale est obligée de recourir elle-même aux armes pour se protéger. La Mission des Nations Unies - MONUC est présente mais elle ne protège vraiment pas la population surtout celle disséminée dans les forêts.
Il a été noté que le Gouvernement de la RDC et celui du Rwanda ont mené des opérations militaires pour démilitariser les groupes armés rwandais opérant encore à l’Est du Congo.
La situation actuelle au Burundi
Même si la situation y est relativement calme aujourd’hui, le Burundi se trouve aussi en période post-conflictuelle et préélectorale. Des crises qui se sont succédées depuis 1965, la plus grande fut celle de 1993. Depuis l’accord d’Arusha signé en 2000, des négociations pour une paix durable se sont poursuivies ; en 2005 les élections générales ont pu être organisées. Néanmoins, la paix est restée précaire, les crises chroniques, car tous les belligérants n’ont adhérés aux accords de paix qu’en 2008. C’est au cours de cette année là que la dernière rébellion a déposé les armes.
De nouvelles élections sont en préparation, elles commencent au mois de juin 2010. Il y a tout à espérer si ces élections aboutissent valablement. La société civile est très active et engagée dans le combat contre la violence et la haine. BANGWE et DIALOGUE n’est pas en reste ; en témoigne la journée organisée le 28 février sur la promotion d’une culture de paix, de dialogue et de tolérance en période électorale. Aussi, des projets socio-économiques sont développés car un dicton dit : « sans pain, pas de paix ».
La situation au Rwanda
Le génocide des tutsis du Rwanda de 1994 a laissé des survivantes dont quelques unes étaient considérés comme mortes moralement et des enfants coupés à la machette L’association des femmes survivantes du génocide (AVEGA) aide les femmes à se reconstruire physiquement et moralement en mettant en avant une paix durable, l’unité et la réconciliation entre les rwandais. Lors de la dernière commémoration du génocide des tutsis qui a eu lieu à l’ONU Genève en date du 7 avril 2010, une des femmes survivantes, Esther Mujawayo a témoigné sur la vie des rescapées dont un bon nombre vivent avec le remords d’avoir survécu !!
Aujourd’hui, le pays a fait du chemin dans la lutte contre l’ethnisme : les cartes d’identité ne portent plus les ethnies. Ces cartes ont été utilisées pour trier ceux qui devaient être tués. Les juridictions Gacaca ont contribué à la réconciliation malgré le fait qu’elles ont aussi laissé en liberté beaucoup de personnes suspectées d’avoir participées au génocide. Le viol des femmes pendant le génocide de 1994 est considéré comme une arme de guerre. La vengeance n’a pas été utilisée comme politique d’Etat. Un rescapé peut saluer un génocidaire. Même si la réconciliation est un processus qui va prendre du temps, les Rwandais ont l’espoir de vivre un jour dans un pays où les citoyens vivent sans méfiance les uns avec les autres.
La modération a fait remarquer que les femmes rwandaises, toutes ethnies confondues, ont formé des associations communes comme le Collectif Pro-femmes TWESE/ HAMWE. Elles sont impliquées dans la prise de décision ; elles sont capables d’initier et d’accompagner les changements dans le pays. Mais elles ont encore besoin d’être appuyées en cela par différents partenaires.
C. Les valeurs et principes traditionnels de résolution des conflits dans la région des Grands-lacs d’Afrique. Table ronde à la Salle des Combles de Vandoeuvres. Jeudi le 15 avril 2010 de 20h à 23h
La Commune de Vandoeuvres a beaucoup appuyé la réalisation du projet de mission. En plus de l’appui financier, les autorités de la Commune ont tenu à inviter les femmes responsables de BANGWE et DIALOGUE à rencontrer la population. Déjà, dans l’après midi du même jour, elles ont pu visiter une ferme dont les activités reposent sur les méthodes bio. Cette visite a été clôturée par un dîner très convivial offert par la famille dont la mère est également présidente du Conseil municipal.
La Table Ronde interactive qui s’est déroulée à la Salle des Combles portait sur le thème des valeurs et principes traditionnels de résolution des conflits dans leurs pays respectifs et de quelques projets en cours.
Monsieur Emmanuel Foëx, adjoint au Maire a livré un message d’accueil au nom de la Mairie en rappelant qu’en Irlande du Nord les femmes sont parvenues à faire taire les armes en s’interposant entre les combattants protestants et catholiques. Maître Christophe Imhoos, Conseiller municipal a souligné l’élan de générosité qui existe entre les femmes d’ici et d’ailleurs. Pour sa part, Madame Doris Gysin, une des vice-présidentes du Comité de soutien a évoqué la genèse du projet ; elle a remercié les autorités de la Commune ainsi que d’autres bienfaiteurs pour leur soutien.
Les responsables BANGWE et les autorités communales de Vandoeuvres
Résolution traditionnelle des conflits en République Démocratique du Congo
La RDC compte 245 tribus ayant une langue chacune. Chaque tribu a sa façon de gérer les conflits. Ceux liés à la gestion de la terre sont les plus nombreux dans un pays où 80% de la population vit de l’agriculture manuelle et où cohabitent de façon non ordonnée les agriculteurs et les éleveurs. Au Nord Kivu, traditionnellement les conflits étaient gérés sur les « BARZA ». Les villageois y assistaient après être appelés par des tamtams sur fond de codes. Il n’y avait pas de prisons dans les villages mais les fautifs payaient des amendes en nature, (chèvres, vaches, journées de travail), parfois très lourdes. En cas de faute lourde, la punition extrême était d’obliger la personne à s’exiler. Il arrivait que des tatouages se fassent entre deux familles ou deux communautés. Ils représentaient des pactes de sang pour montrer leurs volontés réciproques de non agression et de n’être plus en conflits.
Auparavant, les différentes tribus cohabitaient sans gros soucis mais aujourd’hui, les conflits viennent de haut et les populations locales les subissent.
Traditionnellement les femmes ne pouvaient pas parler en public quand il y avait des hommes. Elles murmuraient leurs idées et doléances dans l’oreille du chef du village. Aujourd’hui, elles peuvent serrer la main des chefs du village et prendre la parole publiquement dans les réunions.
La résolution traditionnelle des conflits au Burundi
Le Burundi a été une monarchie jusqu’en 1966. Il était constitué en structures administratives bien définies. Les conflits ethniques y étaient inexistants mais on y rencontrait des conflits sociaux liés aux problèmes fonciers, de ménages, de bétails, d’assassinats par armes blanches ou par empoisonnement.
Tous les conflits qui surgissaient étaient d’abord réglés en famille. La tante paternelle avait un rôle prépondérant. Quand le conflit ne pouvait pas être réglé en famille, on faisait appel aux Notables officiellement investis – Abashingantahe. Pour être candidat à cette institution de médiations et de règlement des conflits, on devait avoir un comportement irréprochable, avoir certaines richesses comme le bétail et des propriétés.
Les lois utilisées n’étaient pas écrites mais tirées de la tradition orale. Les Bashingantahe oeuvraient à tous les niveaux, de la colline à la cour royale. Ils réunissaient les personnes en conflits, écoutaient les témoins et tranchaient séances tenantes, quand les cas n’étaient pas compliqués. Dans le cas contraire, ils consultaient plus de monde et rendaient leurs verdicts plus tard. Les femmes et les pauvres étaient écartés de cette institution .
Les conflits successifs et les périodes d’instabilité ont fragilisé l’institution d’Ubushingantahe : fait que les vieux sages sont de plus en plus rares. Les familles se sont dispersées à cause des déplacements des populations consécutifs aux guerres Les vieux sages sont de plus en plus rares et l’intégrité n’est plus un critère de rigueur. L’institution d’Ubushingantahe a perdu de son importance surtout dans les régions rurales. Mais suite à des initiatives de quelques intellectuels, elle est en cours de réhabilitation et les « Banshingantahe » sont associés dans les commissions de réconciliation.
Les femmes commencent aussi à y être associées mais elles ne sont pas officiellement investies comme « Bashingantahe ». Depuis toujours, elles avaient la possibilité de s’interposer entre les personnes en conflit et dire « Bangwe, Bangwe… » (Stoppez, stoppez de vous battre)
La résolution traditionnelle des conflits au Rwanda
La procédure de règlement des conflits la plus connue dans le pays s’appelle Gacaca. Elle existait même avant la colonisation. Le Gacaca est basée sur la tradition orale, la reconnaissance du bien commun et d’une culture de groupe entre les voisins. Gacaca indique le lieu parsemé de petites herbes où toutes les personnes (plutôt les hommes) détestant les injustices se réunissaient pour débattre, en recherchant les causes profondes des conflits. Les solutions proposées devaient être acceptées par tous. Celui qui était reconnu coupable devait réparer sa faute. Tous les problèmes de la région étaient connus de tous. La recherche de la justice et la mise en application des décisions ramenaient la paix. Comme au Burundi, à la fin de chaque processus de gestion des conflits tout le monde partageait une boisson.
Visite à la ferme au moment du dîner offert par la famille STALDER
Les projets en cours
Projet bourses d’études au Rwanda. Une vingtaine de jeunes reçoivent des bourses d’études pour poursuivre leurs formations secondaires. Ces bourses ont un impact positif sur la vie de ces jeunes filles et garçons car ils travaillent bien. Les premiers que BANGWE et DIALOGUE a appuyé arrivent à l’Université. Ils marquent la différence en formant des groupes « Bangwe » dans leurs écoles.
Projets au Sud Kivu exécuté avec l’appui de BANGWE et DIALOGUE. Ce projet aide les jeunes filles qui ont des difficultés à poursuivre les études à cause de la pauvreté. Les bénéficiaires et leurs parents sont aussi formés à la paix et la non violence.
Un autre projet ayant la forme de micro crédit est développé en faveur de 12 femmes pour les aider à sortir de la précarité.
Projet d’aide à la scolarisation des élèves déplacés et sinistrés de la guerre au Burundi. Comme au Rwanda et en RDC, BANGWE et DIALOGUE soutien une trentaine de jeunes victimes de la guerre ; ils bénéficient aussi d’un encadrement favorisant la paix et la réconciliation à travers un Comité local, des rencontres périodiques avec le Comité national, ou des visites de la coordonnatrice de BANGWE.
Mini projets générateurs de revenus dans quatre provinces du Burundi. Ces projets ont été rendus possibles par la création des antennes de BANGWE en milieu rural et ils visent essentiellement l’entraide sociale et la réconciliation grâce à la rencontre autour d’une même activité.
Projet d’appui aux Batwa du Burundi. Il s’agit d’un groupe ethnique minoritaire et souvent discriminé. En les aidant, on évite ainsi des conflits fonciers qu’ils peuvent avoir avec les autres ethnies.
Projet d’appui aux échanges en période préélectorale. Ce projet aide les gens à se comporter de manière responsable pendant cette période propice aux conflits de tout genre. Il a été initié durant la journée du 28 février 2010 sur ce sujet.
N.B : En plus des projets en cours, un nouveau projet dénommé Self-Help Group va être développé au Rwanda en mémoire de feue Madame Cosette Menzies, Présidente du Comité de soutien de Bangwe et Dialogue
Il vise le renforcement des capacités en faveur des rescapés du génocide des tutsis et des massacres des hutu modérés pour qu’ils puissent faire face aux nombreux problèmes sociaux et économiques auxquels ils sont confrontés aujourd’hui.
D. Rencontre au Centre de Liaison des Associations Féminines Genevoises – CLAFG le vendredi 16 avril 2010 de 19h30 à 22h30.
Thème d’ échanges : Engagement des femmes pour la paix et la non-violence ici et là-bas.
La présidente du CLAFG prononce une
allocution de bienvenue
La participation était composée de la délégation des femmes responsables de BANGWE venues du terrain, membres du Comité de soutien BANGWE et DIALOGUE, des représentantes des Associations Féminines Genevoises dont les Femmes Pour la Paix.
Au CLAFG les échanges se sont passés de manière spontanée, dans un cadre de confiance mutuelle et de réelle amitié. Une trentaine de personnes ont participé à ces très riches échanges autour du Comité de soutien BANGWE et DIALOGUE et de Madame Claude Golovine, présidente du CLAFG. En plus des déléguées africaines, les participantes appartenaient à huit différentes associations membres du CLAFG.
De nombreuses questions ont été débattues et des témoignages donnés. Les membres du CLAFG voulaient connaître davantage en détails la vie que mènent ces responsables des projets BANGWE et DIALOGUE. Beaucoup de « femmes d’ici » sont intéressées car elles mènent des projets similaires dans d’autres pays ou régions d’Afrique. Elles ont donné des conseils pratiques dans la préparation de la recherche de fonds au niveau communal, cantonal et fédéral.
Les « femmes d’ici » ont aussi voulu savoir si les africains arrivent à se parler après des conflits si violents ? En Europe, la haine a persisté des années encore après la deuxième guerre mondiale car les grands-parents en ont parlé à leurs petits enfants. Elles ont suggéré d’impliquer les premières dames dans le processus de réconciliation, là où cela n’est pas encore fait.
Les « femmes d’ailleurs » (« Les africaines ») ont félicité leurs consœurs car elles constatent que les associations d’ici qui oeuvrent en Afrique font un travail « génial ». Elles voulaient savoir comment elles y arrivaient ? Tout commence par une rencontre heureuse, une amitié entre les gens. Mais même au sein des associations en Suisse, tout n’est pas toujours rose. Il faut parfois surmonter des problèmes de leadership.
Parmi de nombreux témoignages nous ne pouvons omettre ceux de deux jeunes ; une Suissesse née au Rwanda et une Burundaise intégrée en Suisse. Les deux ont relevé le manque de sensibilisation des jeunes d’ici sur les problèmes des « femmes d’ailleurs ».
Vue de la salle du CLAFG
pendant les discussions
CONCLUSION
Dans les pays des Grands-Lacs africains, beaucoup d’efforts ont été faits pour le renforcement d’une paix durable depuis une dizaine d’années. La situation y est encore précaire, les blessures ont été profondes et l’impunité reste encore lourde pour les victimes. En République Démocratique du Congo la guerre n’est même pas encore finie. De nouvelles rebellions naissent. Il y a encore beaucoup à faire.
La mission de travail et de formation des femmes responsables BANGWE et DIALOGUE dans la Sous région des Grands-Lacs africains est un projet ou tout le monde y est gagnant. (WIN-WIN). Les échanges que ces femmes ont eu leur permettent de faire connaître leur travail et les situations réelles de leur vie de tous les jours. Les Suisses et la communauté internationale en général gagnent à avoir une image réaliste des pays aidés. Les femmes et les hommes du Nord et du Sud qui se rencontrent continuent ainsi à renforcer ainsi la chaîne pour la paix.
En Afrique, en général, les périodes avant et après les élections sont toujours celles de grandes tensions, prétexte pour des conflits de tout genre. Souvent, après les élections, même si la population n’est pas satisfaite des dirigeants élus, elle est soulagée car au moins elle a la possibilité de vaquer aux tâches habituelles. Les tensions retombent et les canons se taisent. Du moins pour un moment. BANGWE et DIALOGUE ne s’arrête jamais en temps de guerre comme de paix. Elle enseigne la non-violence et soutien les plus vulnérables.
Même si la paix repose sur les épaules des femmes africaines, leur lutte y est encore celle des opprimées. La lecture du poème « Femmes noires » de Léopold Sedar Senghor par Dr. Cruz Eya Nchama nous l’a encore bien rappelé.
Grâce entre autre à la pression des défenseurs de la paix, les trois pays des Grands Lacs viennent de rétablir les relations diplomatiques et d’échanger les ambassadeurs.
Fait à Genève, mai 2010 par :
Béatrice Murebwayire,
Colette Samoya