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Nouvelles politiques – avis de femmes

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Interview dans l’Emilie: Catherine Thobellem

Une nouvelle génération de femmes entend se faire une place en politique. Catherine Thobellem, conseillère municipale en ville de Genève, se représente en avril 2015. Elle revient sur ses motivations, ses combats, sa réalité de femme politique au service de la collectivité. Interview.

Lire l’interview: http://www.lemilie.org/index.php/ici/697-catherine-thobellem-femme-daction

Le projet « Votez femmes! »

La CFQF et les organisations féminines se mobilisent : il faut plus de femmes au parlement!

Berne, 09 mars 2015

La Commission fédérale pour les questions féminines CFQF et une large coalition d’organisations féminines se mobilisent pour que davantage de femmes soient élues au parlement le 18 octobre 2015. Sur le site web « Frauen wählen! – Votez femmes! – Votate donne! », des femmes politiques de premier plan expliquent pourquoi c’est une nécessité absolue. De plus, une étude commandée à l’Université de Fribourg par la CFQF, l’OFCOM et SRG/SSR analysera la présence des candidats des deux sexes dans les médias durant la campagne électorale 2015.

Le projet «Votez femmes!»

Depuis l’introduction du droit de vote et d’éligibilité des femmes il y a 44 ans, la proportion de femmes au parlement n’a jamais atteint un tiers. Les femmes occupent actuellement 31% des sièges au Conseil national et 19,6% au Conseil des Etats. Et ce chiffre est en stagnation voire en recul. Pour la première fois en 2011, moins de femmes ont été élues au Conseil national que lors des élections précédentes. La courbe avait commencé à s’inverser plus tôt au Conseil des Etats, où la proportion de femmes avait culminé à 23,9% en 2003 avant d’entamer une descente
ininterrompue.

Il faut donc agir. C’est pourquoi la CFQF s’est associée à une large coalition d’organisations féminines pour lancer le projet «Votez femmes!». Le but est d’inciter les femmes comme les hommes à se rendre aux urnes pour accorder leur voix à des femmes. Sur le nouveau site web www.votez-femmes.ch, des femmes de tous les partis s’engagent avec force en faveur d’une représentation équilibrée des sexes en politique. Deux tiers des femmes parlementaires soutiennent cette initiative et apportent leur témoignage : elles expliquent, arguments solides à l’appui, pourquoi il faut augmenter la proportion de femmes au parlement. Un dépliant, qui sera largement distribué et peut être téléchargé sur internet, complète cette offre électronique.

Analyse des médias durant la campagne électorale 2015

La présence dans les médias est une condition importante pour réussir aux élections. C’est pourquoi la CFQF, l’Office fédéral de la communication OFCOM et SRG/SSR ont demandé à l’Université de Fribourg d’analyser à quelle fréquence et sur quels thèmes les médias donneront la parole aux femmes et aux hommes se présentant aux élections pour les différents partis ou leur consacreront des sujets durant la campagne électorale 2015. L’étude englobera la presse et les médias électroniques ainsi que la SSR. Ses résultats devraient être connus à la mi-2016.

Article publié par la Confédération suisse > https://www.news.admin.ch/message/index.html?lang=fr&msg-id=56472

La représentation des femmes en politique. Données et historique pour la Suisse

Bref historique du droit de vote des femmes en Suisse

La Suisse n’a accordé le droit de vote et d’éligibilité aux femmes au niveau fédéral qu’en 1971, et ce suite à une longue succession de revendications. Elle est l’un des derniers pays industrialisés à avoir accordé ce droit aux femmes et se place ainsi loin derrière la plupart des pays occidentaux, tout comme une grande partie des pays en général. Au niveau cantonal, si les genevoises ont obtenu le droit de vote et d’éligibilité le 6 mars 1960, il a fallu attendre 1990 pour que le Tribunal fédéral contraigne Appenzell Rhodes-Intérieures, dernier canton réfractaire, à accorder ce droit aux femmes.

Taux de femmes dans les instances politiques suisses et genevoises

Avec 29% de femmes représentées dans son parlement, la Suisse se classe à la 25ème place du classement mondial de l’Union Interparlementaire (UIP), en dessous du seuil critique des 30% de femmes nécessaires dans un parlement pour que les femmes y soient réellement représentées. Celui-ci est atteint au niveau communal uniquement.

Au niveau fédéral en décembre 2011: Conseil fédéral: 43% de femmes (3 sur 7); Conseil national: 29% de femmes; Conseil des États: 19.6%.

Au niveau cantonal en novembre 2013: moyenne des législatifs cantonaux: 24.7% de femmes (26% à GE); moyenne des exécutifs cantonaux: 22.4% de femmes (14% à GE).

Au niveau communal suisse en 2012: moyenne des législatifs communaux: 29.4% de femmes (31% à GE en 2011); moyenne des exécutifs communaux: 26.4% de femmes (35% à GE en 2011)

Une stagnation de la représentation des femmes dans les instances politiques est observée depuis les années 1990.

Les partis de gauche présentent généralement plus de femmes que les partis de droite.

Il n’existe pas de progression linéaire en matière d’égalité et de participation des femmes en politique. Des retours en arrière sont toujours possibles, comme cela a déjà été le cas à Genève.

Les femmes sont également largement sous-représentées dans certaines commissions parlementaires, les commissions traitant de sujets « typiquement féminins », comme par exemple l’éducation ou le social faisant exception. Ceci se vérifie à la fois au niveau fédéral et au niveau cantonal (genevois).

Quant aux commissions extraparlementaires au niveau fédéral, les femmes y sont aussi peu présentes, leur représentation plafonnant à environ 30%3. Notons qu’il s’agit là d’une moyenne et que les variations peuvent être importantes suivant les commissions.

Lire le dossier:

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Révision du code des obligations (Droit de la société anonyme)

Prise de position de la Commission fédérale pour les questions féminines

CFQF (janvier 2015)

I. Généralités

La Commission fédérale pour les questions féminines CFQF salue l’orientation du projet de modernisation du droit de la société anonyme, qui prévoit l’introduction d’une valeur indicative applicable à la représentation des deux sexes au sein du conseil d’administration et de la direction générale des entreprises cotées en bourse ayant un certain poids économique (art. 734e CO). La Commission considère en particulier que l’obligation de rendre compte constitue un pas dans la bonne direction. Toutefois, la CFQF estime que le modèle de valeur indicative pour la représentation des deux sexes proposé par le Conseil fédéral n’est pas une solution suffisante. En effet, ce modèle ne prévoit pas de quotas obligatoires assortis de possibilités de sanction puisqu’il suffit d’expliquer la raison des écarts par rapport à la valeur indicative (principe « complu or explain »).

La CFQF constate que tous les efforts accomplis volontairement par les entreprises pour augmenter la proportion de femmes dans les conseils d’administration et les directions, quoique parfaitement souhaitables et nécessaires, ont produit des résultats insuffisants. En ce qui concerne la proportion de femmes siégeant dans les conseils d’administration, la Suisse se situe en-dessous de la moyenne européenne. La sous-représentation des femmes dans les sphères dirigeantes s’explique non pas par un manque de compétences, mais par la persistance de jugements de valeur et de stéréotypes défavorables aux femmes. Or, le législateur a pour mandat de concrétiser le droit fondamental à l’égalité entre femmes et hommes qui est ancré dans la Constitution afin d’éliminer les discriminations liées au sexe. La CFQF demande donc une loi comportant des mécanismes de contrôle rigoureux et des sanctions efficaces en cas de non-réalisation de l’objectif. Lorsque l’on instaure des quotas de genre, le but n’est pas simplement de remplacer le volontariat par la contrainte, mais de mettre fin à des dysfonctionnements du système.

II. Les revendications de la CFQF

Dans une prise de position datant de mars 2014, la CFQF s’est exprimée en faveur de l’instauration dans la législation de quotas de genres dans l’économie et elle a adopté les revendications suivantes :

  • Instauration dans la législation d’un quota de genre de 40% dans les conseils d’administration des entreprises cotées en bourse, des entreprises publiques et des entreprises à partir de 250 salarié·e·s, à appliquer dans un délai de dix ans.
  • Instauration dans la législation d’un quota de genre de 33% dans les directions des entreprises cotées en bourse, des entreprises publiques et des entreprises à partir de 250 salarié·e·s, à appliquer dans un délai de dix ans. ! Le législateur instaure des mécanismes rigoureux pour contrôler la réalisation de l’objectif.
  • Le législateur définit des sanctions efficaces en cas de non-réalisation de l’objectif.
  • Il appartient au législateur de déterminer si des mesures doivent être prévues pour accompagner la réalisation de l’objectif.
  • Les entreprises établissent chaque année à l’attention de leur assemblée générale et des autorités un rapport indiquant les progrès accomplis dans la réalisation de l’objectif.
  • Obligation est faite aux conseils d’administration et aux directions d’attribuer leurs sièges et postes vacants à des femmes, à qualités ou qualifications égales, jusqu’à ce que les objectifs de 40% et 33% soient atteints.

La prise de position de la CFQF « Oui aux quotas de genre dans l’économie », qui contient un argumentaire détaillé à l’appui de cette revendication, est disponible en français et en allemand sur internet à l’adresse : www.comfem.ch > Documentation

Être femme en politique: atout ou handicap?

Sous ce titre volontairement provocateur se cache une véritable question: est-ce favorable d’être une femme en lice pour une élection ou est-ce un désavantage? Comment explique-t-on que la proportion de candidates et d’élues ne progresse pas et soit encore en moyenne bien loin de la parité?

Ces questions ressurgissent à chaque élection. En avril 2013, les élections cantonales neuchâteloises ont dénoté un certain recul de la représentation féminine, tant au niveau des candidatures que des élues. Mais ce phénomène n’est pas propre au canton de Neuchâtel. La proportion de femmes engagées en politique en Suisse, plus de 40 ans après l’obtention du droit de vote, reste toujours bien en-deçà de la parité. Elle stagne et semble se heurter à ce que l’on appelle un «plafond de verre» de 30% dans tous les cantons, s’éloignant toujours un peu plus de l’espoir d’atteindre un jour naturellement, dans les instances politiques, une représentation féminine proportionnelle à sa population.

Cette question préoccupe-t-elle les partis? Quels moyens ont-ils à disposition pour encourager les femmes à s’engager en politique? Comment traitent-ils de cette question? Comment donner le goût de la chose publique à des femmes qui peinent encore à faire partager la double journée de travail et de prise en charge de la famille? Le milieu politique est-il constitué de règles et de valeurs essentiellement masculines qui font fuir les éventuelles candidates? Par les éclairages qu’elle apporte à ses questions, la présente étude ne prétend pas apporter de réponse catégorique mais cherche à susciter la réflexion et le débat. Elle vise à dresser un portrait du paysage politique neuchâtelois et des chances des femmes et des hommes sur la scène politique.

Il est de bon ton aujourd’hui de considérer que seule la qualité des candidat-e-s puis des élu-e-s doit avoir droit de cité dans le débat électoral. On est toujours en droit de se demander dans quelle mesure une démocratie qui exclut régulièrement de sa représentation un groupe de population, par ailleurs majoritaire (les femmes), atteint l’un de ses buts fondamentaux: l’égalité pour tous et toutes. Les fonctions d’autorités sont-elles accessibles à chacun et chacune de la même manière? Comment interpréter le fait que les femmes demeurent une minorité à tous les échelons de la vie politique, alors que les jeunes femmes sont aujourd’hui majoritaires sur les bancs des universités? Le canton de Neuchâtel s’est illustré au cours du 20ème siècle en se positionnant à l’avant-garde du combat féministe (voir p. 8 et 9) en organisant le premier scrutin populaire sur le droit de vote des 5
femmes, en 1919 déjà. Il sera le deuxième canton suisse à l’octroyer en 1959, quelques mois après le canton de Vaud. Comment comprendre dès lors qu’il semble aujourd’hui à la traîne? Toutes ces questions doivent être posées, examinées, de manière à infléchir la tendance. Les jeunes femmes ont besoin de modèles, elles doivent pouvoir s’identifier au pouvoir politique pour avoir envie de s’y engager. La démocratie a tout à gagner d’un meilleur partage entre hommes et femmes, à tous les niveaux de la société.

Les partis politiques ont évidemment une responsabilité dans les stratégies qu’ils mettent en oeuvre pour forcer, proposer et appuyer des candidatures capables de faire progresser la cause de l’égalité.

Laurent Kurth
Président du Conseil d’Etat

Lire  le dossier:

Etude_femmes_politique_2013_vfinale