
Odoguié, 15 février 2012
Mais où vont donc, d’un pas très décidé, ces femmes accompagnées de musiciens et d’enfants en tenue de fête ?
A l’inauguration de la maternité et de la maison de la sage-femme construites par EFFATA !
Une fête inoubliable : l’inauguration de la maternité
Du 11 au 17 février - dates des vacances scolaires à Genève - Aileen ZALAPI, présidente d’EFFATA, et Catherine BOIS, nouvelle venue dans l’Association se sont rendues en Côte d’Ivoire. Enseignantes toutes deux à l’école primaire des Allières, elles collaborent en faveur d’une même classe de cet établissement dans le cadre d’un « duo ».
Logées et nourries à Abidjan, elles ont eu l’occasion de découvrir cette ville portuaire avant de se rendre à Odoguié par la piste de brousse. Le 15 février, elles ont inauguré la maternité et la maison voisine de la sage-femme construites grâce aux fonds récoltés depuis 2009 par EFFATA.
L’ambassade de Suisse en République de Côte d’Ivoire avait été informée, via la nouvelle Secrétaire, de cet événement.
Suite à la lettre adressée au Premier Conseiller de la Mission auprès des Nations Unies à Genève, des visas « de courtoisie » avaient été obtenus pour nos deux représentantes.
Jour J : hommes, femmes et bébés sur le dos, enfants, et adolescents sont arrivés de toutes parts pour ne rien perdre de ce moment tant attendu. Les fanfares en tenues chamarrées, grosses caisses en tête, accompagnaient en musique la population jusqu’à l’endroit réservé à la fête.
Des villageoises ont improvisé des saynètes représentant des femmes enceintes. Chacune a apporté sa touche créative.
Autorités administratives, sanitaires, religieuses étaient présentes au rendez-vous. Echanges de discours, remerciements ponctués par les percussions et autres instruments. Tradition oblige, le « Chef des Terres » a observé le rituel en répandant de l’eau sur la terre en guise d’offrande.
Le Directeur départemental de la santé s’était déplacé pour assister à la cérémonie et couper le ruban. Les dernières finitions de la maternité et du logement de la sage-femme avaient été apportées la veille en toute hâte.
Enfin, surprise bien gardée, jusqu’à l’arrivée du camion sur le lieu et en présence de la population : le don reçu de la Fondation Martin M’Bollo : 4 lits, une table d’accouchement, un pèse-bébé, un pèse-personne et un meuble pour les instruments, matériels aussitôt déballés et installés dans la bonne humeur. Equipement encore très partiel, que notre association devra compléter selon l’engagement pris.
Quelques membres et sympathisants ont pu partager le déroulement détaillé de cette journée particulière en visionnant le diaporama créé au retour de Côte d’Ivoire et proposé par le Comité d’EFFATA à mi-avril.
Mieux que des mots, dans ce Bulletin No9, quelques photos choisies font vivre l’inauguration.
Depuis le retour en Suisse, par la voix de Georges KAMA, l’électricien, la population d’Odoguié a exprimé une fois encore sa joie et sa reconnaissance. Honorat, Président des jeunes s’est joint à lui.
Un souffle nouveau après une année 2011 très difficile pour le pays !

La maternité et la maison de la sage-femme ont
reçula veille leur dernière couche de peinture.
Entrée en fonction et suivi de la maternité
Le Directeur départemental de la Santé a attendu qu’il y ait 10 naissances en un mois pour attribuer une sage-femme, mais les premiers accouchements ont déjà été pratiqués dans cette structure sanitaire.
En juin, comme convenu, le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique (MSHP) de Côte d’Ivoire a affecté une sage-femme diplômée à Odoguié. Elle est venue sur place découvrir la maternité, et la maison qui lui est attribuée. Après son entrée officielle en fonction, elle procèdera à l’inventaire du matériel déjà reçu et jugera des besoins complémentaires en équipement. Grâce à la somme de 15’000 francs, accordée, en 2011 par la Commission de coopération au développement de la commune de Meyrin, notre Association contribuera à l’achat du matériel destiné à la salle de consultation prénatale et à la salle d’accouchement.
Le salaire de la sage-femme sera payé par l’Etat, via la Direction départementale de la santé.
Le Comité de gestion (COGS) du village sera en charge de la gestion générale de l’infrastructure en place. Il contrôlera les entrées et sorties d’argent, et s’occupera des réparations à effectuer. C’est la chefferie du village (Le chef coutumier détient une autorité particulière au sein de la communauté.) qui fixera les montants des consultations et le COGS les appliquera. Une partie des sommes perçues sera prélevée pour l’électricité, les réparations et les autres frais. Le COGS engagera et paiera une personne en charge du nettoyage.
Les parturientes apporteront les draps et le linge nécessaires. La famille amènera la nourriture. Il est prévu que les accouchées restent deux jours à la maternité, ou davantage en cas de problèmes. Si trop d’accouchements devaient avoir lieu en même temps, l’infirmier diplômé, qui pratique dans le dispensaire proche, apportera son aide.
Les médicaments seront fournis par la Pharmacie de Santé Publique de Côte d’Ivoire (PSP-CI), située à Abidjan. La PSP assure l’approvisionnement et la distribution pour tout le pays. Le COGS versera une participation pour les médicaments.
Le passage du médecin du secteur d’Azaguié (sous-préfecture), en charge de la maternité d’Odoguié, sera assuré une fois par semaine. Au plan sanitaire, le directeur départemental de la santé représente l’autorité supérieure, garante de la bonne marche du dispositif en place.

Marie, 85 ans, « matrone » (accoucheuse) à Odoguié

Le médecin de secteur présent à l’inauguration de la maternité
Un projet motivant en faveur de l’école primaire d’Odoguié
A l’instigation de leurs enseignantes, Aileen ZALAPÌ et Catherine BOIS, les élèves de 8e primaire (Harmos), ont accepté avec enthousiasme de récolter des fonds en vue d’équiper l’école, très démunie, d’Odoguié. Pour atteindre cet objectif, une épreuve « Nager pour Odoguié » a été mise en place au cours de la semaine du 11 au 15 juin. Les parents concernés avaient été informés du projet au cours d’une soirée. Les élèves ont recherché des parrainages (promesses de dons) pour les traversées de bassin qu’ils seraient à même d’effectuer. Des passeports ont été élaborés et confectionnés par eux. Durant les deux semaines qui ont précédé l’épreuve, cinq séances d’entrainement ont eu lieu à la piscine. Point positif à relever, pendant cet espace-temps, une fille, pas très à l’aise dans l’eau, s’est prise au jeu pour améliorer son score.
Par la suite, les pâtisseries, confectionnées en classe avec des ingrédients achetés sur le fonds de classe, ont été proposées à la vente devant le centre commercial de Villereuse. Les panneaux préparés à cette occasion expliquaient aux passants les buts visés.
La collaboration sollicitée et reçue de la part des parents s’est avérée précieuse. Quatre mamans bénévoles sont venues compter les traversées de bassin, d’autres ont apporté leur aide aux ateliers cuisine.
Parallèlement à ces activités, la classe a participé, avec questionnaire à l’appui, à une visite de l’exposition du Muséum d’histoire naturelle consacrée à la malaria. En Afrique subsaharienne, cette maladie infectieuse touche principalement les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. Une émission d’Arte, empruntée au Centre de documentation pédagogique, portant sur la recherche de solutions pour lutter contre la malaria, a été visionnée. Elle a débouché sur des discussions nourries entre élèves.
De plus, par le biais des lectures proposées, les élèves ont été sensibilisés aux problématiques générales de l’Afrique, mais aussi spécifiques à la Côte d’Ivoire. Une démarche éducative très favorable à l’ouverture au monde, l’ouverture aux autres !
Solidaire du projet, une classe de 7e et 8e primaires (Harmos) de l’école des Allières, sous la responsabilité de leur enseignante, Nicole CHOMÉTY, membre de notre Association, a organisé une vente de popcorn pour la même cause. Merci au concierge de l’école qui n’a pas hésité à apporter toute son aide.
Les scores enregistrés, très fiers d’avoir réussi à nager entre tous l’équivalent de 13km500, les enfants sont retournés vers leurs « parrains/marraines » pour recevoir les dons promis. Au final, tous frais déduits, les promesses de dons, les ventes de pâtisserie et de popcorn et la récolte de pièces jaunes dans une tirelire, vont permettre de recueillir environ 2’800 francs (somme encore approximative à ce jour).
Une très belle page de l’histoire d’EFFATA vient de s’écrire : à travers ce projet scolaire des élèves de l’école primaire de Genève se sont mobilisés pour des élèves de l’école primaire d’Odoguié, village de brousse de Côte d’Ivoire, en Afrique de l’Ouest.

Très sérieuses, les filles de l’école primaire d’Odoguié
défilent sous la haute surveillance des enseignants.

Tous en uniforme beige, les garçons viennent en rangs
serrés participer à la fête d’inauguration de la maternité.

A l’ombre d’un parasol, la Présidente d’EFFATA, toute de blanc vêtue,
prononce son discours devant la population attentive.

Tradition et modernité : les villageois fixent les
libations avec leur appareil photo numérique.
Cinq ans d’existence, ça se fête !!!
Qui s’en souvient ? Le 4 octobre 2007, se tenait l’Assemblée constitutive au cours de laquelle la création de l’Association EFFATA a été décidée. Cinq ans après, ça se fête ! Une rencontre organisée le dimanche 16 septembre à la Maison de Quartier des Eaux-Vives marquera cet anniversaire. Dès midi, un repas simple mais convivial, sera partagé dans le jardin entre membres de l’Association et familles de ce quartier très dynamique. Un spectacle suivra. Puis, en présence des invités, les élèves des Allières remettront solennellement le montant final récolté à Jérémie AKA ALOFA, notre intermédiaire de confiance en Côte d’Ivoire, qui sera de passage à Genève. Cette somme sera consacrée aux besoins les plus pressants de l’école primaire d’Odoguié. Parents et enfants seront informés du choix opéré et de son suivi.
Un petit stand présentera des bijoux et des objets artisanaux ramenés du voyage d’inauguration en Côte d’Ivoire. Des tee-shirts et des cartes seront aussi proposés à la vente.
Bel été en attendant le rendez-vous festif dans le jardin de la Maison de Quartier des Eaux-Vives !
Georgette PUGIN
Vice-Présidente
Rédactrice |

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