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Réflexion-action

La singularité dans le collectif

Le processus de réflexion-action est essentiel pour agir de manière résiliente au sein d’une société.

Les actions précédées par un temps de réflexion peuvent s’ancrer dans une communauté, sans faire omission des spécificités et des minorités.

Tenir compte du collectif sans omettre la spécificité qui vit en lui, est une manière  de respecter la diversité sous toutes ses formes d’expression.

La réflexion-action est une démarche méthodologique qui permet de reconnaître les échanges entre la réflexion et l’action dans tout processus d’intervention communautaire.

La réflexion qui se nourrit de l’action devient une réflexion qui est plus proche de pouvoir assumer et dépasser des paradoxes, qui se présentent maintes fois sur le terrain.

Outil de promotion de résilience

De la même manière, une action qui est nourrie par la réflexion, sera une action qui pourra tenir compte de variables spécifiques, que seule l’action ne verrait pas, puisqu’elle se contenterait uniquement d’agir de manière réactive sur une majorité, perdant de vue ce qui est singulier et qui mérite une réflexion profonde.

Quand réflexion et action se passent simultanément et les échanges entre elles vont dans les deux sens, c’est-à-dire qu’elles sont réciproques, on peut dire alors qu’il s’agit d’un processus qui est capable de tenir compte des paradoxes qui se présentent, et dans ce sens, elles se transforment en  outil de promotion de résilience.

Dans ce sens, la démarche méthodologique de réflexion-action se transforme également en outil de promotion du « pouvoir-du-dedans » ( évoqué dans l’édito de juillet 2016) d’une société.

Le travail de terrain qui se déroule en même temps que la réflexion concerne plusieurs acteurs de la vie citoyenne.

Institutions du secteur privé, public, associatif, ONG, international, se donnent la main pour agir de manière coordonnée afin de répondre aux besoins communautaires de tout un chacun, dans l’idéal.

Identités féminines et communautaires

Ce travail de réflexion-action est un processus qui construit des « identités communautaires ». Ces identités communautaires ne sont pas étrangères aux identités individuelles qui se développent au sein d’une communauté.

Les identités féminines, multiples et variées, font également écho à ce processus. Au même titre que Simone de Beauvoir qui avait énoncé:  » On ne naît pas femme, on le devient », les identités communautaires doivent être reconnues comme faisant partie de ce processus de construction.

La démarche de réflexion-action n’échappe pas à ce processus, et plus encore, il influence positivement cette construction identitaire communautaire, nécessaire à la résilience communautaire.

Pour toute programmation, planification, mise en œuvre et évaluation de projet, la démarche de réflexion-action est essentielle.

La valeur d’une société se mesure également à sa capacité de réflexion-action.

Nos associations et membres individuelles, s’adonnent certainement avec professionnalisme à cette tâche précieuse.

Encourageons-les!

Stéphanie Metzger del Campo

Présidente, CLAFG

Le « pouvoir-du-dedans »

La notion de pouvoir est un sujet qui est abordé, étudié et débattu au sein de diverses disciplines scientifiques et humanistes et plus largement dans tous les textes fondateurs.

Mot-clé autour duquel se tissent encore des injustices et des inégalités en matière de genre.

L’abus de pouvoir envers les minorités, et aussi envers les femmes, est malheureusement toujours d’actualité.

Etymologiquement le mot « pouvoir » dérive du latin « potens » qui signifie « puissant », « potentatus » désignant  le pouvoir seigneurial, la force, la puissance et le prince souverain.

Mais la question qui me vient est la suivante: le détenteur d’un pouvoir reconnaît-il l’égalité de genre?

Quelle est l’équivalent de cette notion en langage épicène?

L’empowerment : un processus d’émancipation

Les femmes puissantes sont toutes celles qui luttent depuis des décennies pour l’égalité et les droits, en passant le témoin aux générations qui leur succèdent.

Celles qui ont compris que cultiver le « pouvoir-du-dedans », comme le décrit la féministe américaine Starhawk dans son livre « Rêver l’obscur », sont celles qui comprennent également que l’abandon de la pratique du « pouvoir-sur », maillon sur lequel fonctionne la culture patriarcale, est prioritaire pour aller vers une société inclusive.

Autrement dit, pour citer le politologue québécois Francis Dupuis-Déris, l’empowerment des femmes a pour corollaire le desempowerment des hommes.

En effet, pour les féministes, « l’empowerment désigne un processus individuel et collectif qui implique à la fois une prise de conscience politique, le développement d’une force politique et, par conséquent, d’une capacité d’agir de manière autonome individuellement et collectivement pour obtenir l’égalité sociale » ( Fortin-Pellerin 2006; Bacqué et Biewener 2013 ).

Développons cette culture de notre « pouvoir-du-dedans »!

Dans ce domaine, Benoîte Groult, féministe française et romancière engagée, décédée le 20 juin 2016, nous a légué une œuvre immense en matière de lutte pour l’égalité. Cette femme extraordinaire, a su précisément cultiver ce « pouvoir-du-dedans » pour devenir un bastion d’espérance.

Les femmes que nous sommes s’inspirent des oeuvres nombreuses et multiples de celles qui nous ont précédé avec héroïsme.

Nos associations membres s’investissent dans ce processus

En ce mois de juillet, nous voudrions notamment citer le travail remarquable réalisé par l’une de nos associations membres, l’Association « découvrir » qui encourage, à travers son programme ProActe, le développement de ce « pouvoir-du-dedans » auprès de femmes migrantes qualifiées pour qu’elles puissent réussir leur intégration professionnelle en Suisse.

Nous voudrions également remercier la Fondation « Compétences Bénévoles » pour le soutien et la mise à disposition de ses ressources en matière de comptabilité pour aider le CLAFG à établir son plan comptable de 2015.

N’oublions pas non plus l’Association « l’Echappée » qui a pour but de promouvoir, de soutenir et d’accompagner des projets de femmes qui s’attachent à une analyse critique des constructions de genre et des dominations, et qui visent à l’émancipation, la solidarité et la transformation sociale.

Toute l’équipe du CLAFG et moi-même vous souhaitons un bel été et vous donnons rendez-vous au mois de septembre.

Stéphanie Metzger del Campo

Présidente, CLAFG

 

Résilience au sein des associations féministes et féminines

Au sein de nos associations féministes et féminines, il existe une grande palette de sensibilités dites résilientes.

La résilience pouvant être définie comme étant la capacité de l’être humain de faire face aux obstacles de la vie, de les dépasser et de se projeter dans le futur.

Pionnières de la résilience

C’est en effet en 1982 que la psychologue américaine Emmy Werner ayant suivi à Hawaï 700 enfants grandissant dans des milieux à haut risques sociaux constata trente ans plus tard que 28% d’entre eux avait réussi à mener une vie épanouie. Elle découvrit ainsi chez ces enfants devenus adultes, des facteurs protecteurs, piliers de résilience.

Les femmes, dans leur lutte quotidienne pour la conquête de l’égalité, nous montrent au cours de l’histoire et jusqu’à nos jours, une énorme capacité de résilience pour surmonter les différents obstacles qui se présentent à elles.

Cette résilience serait à l’origine des conquêtes successives que les femmes ont obtenu sur plusieurs fronts à la fois: politique, culturel, social, éducatif, l’économique, scientifique, artistique, notant encore que  comme la résilience, l’agir des femmes est transversal, et traverse les différents axes mentionnés ci-dessus.

La politique: un exercice résilient

Dimanche dernier, nous avons voté. Les dernières Nouvelles Politiques nous avaient donné d’ailleurs un aperçu global des différentes positions de nos politiciennes. Cet exercice de mise en valeur et d’engagement citoyen est aussi l’un des piliers de résilience que le CLAFG soutient.

Nos associations féministes et féminines garantissent au sein de notre société cette vision transversale puisque leurs lignes d’action sont aussi spécifiques et variées que possible.

Toutes et chacune d’entre elles, sont des protagonistes et ont un rôle important à jouer.

Le comité du CLAFG s’engage

Notre nouveau comité, constitué par des femmes venant d’horizons très divers, affirme aussi et plus que jamais sa volonté d’aider les associations membres dans leurs combats légitimes et souvent difficiles, en les informant, en favorisant des liens nouveaux et en consolidant les anciens.

Pleines de ressources, d’énergie et d’idées, les femmes seront néanmoins plus fortes en réseaux pour changer leur vie et l’améliorer.

Les synergies réussies entre les associations féministes et féminines nous montrent à quel point les facteurs de résilience doivent être encouragés. Ces facteurs protecteurs sont nécessaires au sein de la société pour promouvoir l’inclusion et l’égalité.

Synergies résilientes

De même que l’Université de Genève joue un rôle essentiel et indispensable en matière de réflexion-action sur le genre et l’égalité, les associations féministes et féminines portent le même flambeau en mobilisant leurs ressources,  sans oublier de dénoncer les trop nombreuses inégalités qui existent encore en matière d’égalité des genres.

Pendant le mois de mai, des synergies positives ont permis de réunir des associations genevoises, mais aussi d’organiser des rencontres avec les associations internationales.

A ce titre voici quelques évènements marquants porteurs de facteurs protecteurs de résilience:

Soirées littéraires: L’Association Genevoise de Femmes Diplômées des Universités ( AGFDU ) a accueilli le 26 mai 2016, les présidente Verdiana Grossi et vice-présidente Pascale Bornet du Lycéum Club International de Genève pour présenter au public le » Mémorandum de l’Union mondiale de la femme pour la concorde internationale », partiellement rédigé par des membres du Lyceum Club international à Genève entre 1915 et 1920. Ce texte, consacré à la construction de la Paix, a été réactualisé par les membres du Lycéum Club International de Genève et de Suisse en janvier 2016.

Conférence de Madame Ratna Kapur, professeure à la Jindal Global Law School (Delhi),sur la thématique du « Genre et Droits humains, Succès, échec ou nouvel impérialisme » le 12  mai 2016 à l’Université de Genève, à laquelle nous avons assisté. Cette professeure reconnue a mis en évidence le paradoxe qui existe, selon elle, entre la promotion des droits humains des femmes et leur réelle émancipation. Un sujet qui mérite une profonde réflexion.

Cercle Féminin des Nations Unies: Le CLAFG a assisté le 10 mai 2016 au déjeuner annuel organisé par le CFNU, qui avait l’honneur de recevoir et d’entendre  Madame Fabiola Giannotti, nouvelle directrice générale du CERN, physicienne mondialement reconnue et musicienne accomplie. Elle prononça un discours sur son engagement et ses passions pour la science et la musique.

Concernant nos projets, les manifestations de l’automne après la pause estivale qui s’approche à grands pas, sont en cours de préparation. Nous vous les communiquerons ultérieurement.

En attendant de vous rencontrer nombreuses, je vous souhaite , chères membres et chères amies, un été aussi ensoleillé que reposant.

Stéphanie Metzger del Campo

Le CLAFG s’ouvre au changement

 

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Stéphanie Metzger del Campo, Présidente du CLAFG

Être élue nouvelle présidente du Clafg est un honneur et une grande marque de confiance  dont je vous remercie.

Mon parcours

Mes réflexions sur le féminisme sont bien sûr liées à mon parcours personnel et professionnel.

Suissesse de l’étranger, je suis née à Genève et j’ai grandi à Buenos aires (Argentine) où j’ai étudié la médecine avant de me réinstaller à Genève.

J’ai donc été amenée très jeune, à faire des ponts interculturels et à réfléchir sur ce qui nous définit.

En tant que femme, je suis appelée à célébrer mon être féminin en allant à la source qui nous habite pour y déployer notre potentiel humain dans ce qu’il a d’unique.

C’est ainsi que je me suis passionnée pour l’art ,la danse  et les langues anciennes.

En 2010 j’ai créé l’Association Nutrivida, pour promouvoir l’étude de la transversalité entre les dimensions de l’art, de la culture et de la santé.

La transdisciplinarité comme paradigme

Pourquoi est-ce important de travailler à partir du paradigme de la transdisciplinarité?

Etymologiquement, « trans » en latin, signifie « au-delà ».

Assumer la discipline et aller au delà, pour y accueillir ce qui est toujours neuf et ce qui est en constante mutation.

Ceci me paraît très important, car être à l’écoute de cette dynamique au cœur des associations féminines est un enjeu important pour être ajustées à notre temps.

Cette approche de dépassement nous permet d’inclure les différentes sensibilités, de manière à conjuguer subjectivité et singularité, avec universalité.

En tant que femmes, nous sommes appelées à prendre soin de cet espace d’inclusion et de dépassement.

En lui, nous avons l’opportunité de nous sentir reliées à un langage universel, tout en respectant les nuances individuelles.

Ce défi est inscrit dans chacune de nos associations.

Les défis de l’avenir

Nous continuerons à développer les différentes activités qui ont été si soigneusement mise en place par ma prédécesseure  Nathalie Schneuwly et son efficace et dévoué comité. Nos activités seront multiples et ouvertes sur la cité et sa grande richesse interculturelle, incluant les domaines sociaux, culturels et relationnels, sans oublier nos résumés des prises de position politiques lors des élections cantonales et fédérales. Nous continuerons à écouter, soutenir, rassembler et accompagner les femmes dans leur quête d’égalité pour une société inclusive et respectueuse des droits humains. Nous continuerons aussi à encourager et à défendre le vote des femmes.

L’empreinte féminine et féministe dans notre société est une lueur d’espoir à laquelle nous sommes toutes invitées.

Tel est notre défi!

Stéphanie Metzger del Campo

Présidente du CLAFG

Présidente de l’AGFDU