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LIVRES POUR ENFANTS


ANNA, MARIE-MELIE, GERMAINE ET MICHÉE : LES DAMES DE GENEVE

 

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Dans le cadre du bicentenaire de l’entrée de Genève dans la Confédération suisse, la publication d’une série récente de livres pour enfants permet d’évoquer l’histoire de la région par le biais de 4 femmes d’origines très différentes: Anna Eynard-Lullin, Marie-Mélie Beuda, Germaine De Staël et Michée Chauderon.

Une manière agréable d’aborder l’histoire et de montrer aux enfants des personnalités que nous avons moins l’habitude de lire. Si vous le souhaitez, venez retrouver leurs auteures au Salon du livreelles animeront un atelier pour les enfants le vendredi 1er mai de 10h à 11h. Inscriptions à joanna@lajoiedelire.ch ou 022.807 33 99.
De plus, vous aurez le plaisir de les rencontrer pour des séances de dédicace le vendredi 1er mai de 11h à 12h30 et le dimanche 3 mai de 11h à 13h.

 

Pour mieux comprendre, le CLAFG a rencontré l’auteure :

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Marie-Mélie est née au début du XIXe siècle à Genève. Fille de femme de chambre d’une riche famille bourgeoise de la ville, elle a néanmoins reçu une instruction qui lui permet de tenir son journal où elle décrit les faits marquants de son époque : la ville sens dessus dessous en 1814 suite au départ des français et l’arrivée de l’armée autrichienne ; la déclaration d’Indépendance de la République, la joie de voir le débarquement des Suisses au Port Noir ; enfin les longues mois d’incertitude quant à l’avenir de Genève et ses frontières.

Bien plus qu’une simple fresque historique, le journal de Marie-Mélie offre un aperçu des peurs, des espoirs et des incompréhensions des petits gens – et surtout des enfants – en des temps troublés.

 

 

 

 


 

 

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Printemps 1652. Sur la plaine de Plainpalais une foule est rassemblée pour assister à l’exécution de Michée Chauderon, cruel épilogue d’un procès en sorcellerie. D’origine savoyarde, Michée quitte la vie paysanne pour venir travailler à Genève, comme servante, puis comme lavandière.

Elle perd son unique enfant et son compagnon dans des épidémies de peste. Si bien qu’à l’âge de 44 ans, elle se retrouve seule. Depuis sa jeunesse, elle a appris à connaître les vertus des plantes et à confectionner des remèdes pour son entourage. De son savoir naît une rumeur, de la rumeur vient une dispute, puis un procès… Michée Chauderon est la dernière femme à avoir été exécutée pour sorcellerie à Genève.

 

 

 

 


 

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Genevoise par son père, le financier Jacques Necker, c’est à Paris que Germaine de Staël forge son caractère indépendant, en assistant déjà petite au salon de sa mère, qui reçoit philosophes, écrivains et savants chez elle.

Mariée à l’âge de19 ans au Baron Eric-Magnus de Staël-Holstein, ambassadeur de Suède à Paris, elle aura de nombreux amants et 5 enfants. Favorable à la Révolution Française, ballottée entre la France et Coppet, cette femme libre et d’esprit rebelle va traverser la Terreur, être interdite de sol français par Napoléon, écrire lettres, pièces, essais politiques et romans et côtoyer les plus grands esprits de son temps.

 

 

 


 

 

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Printemps 1652. Sur la plaine de Plainpalais une foule est rassemblée pour assister à l’exécution de Michée Chauderon, cruel épilogue d’un procès en sorcellerie. D’origine savoyarde, Michée quitte la vie paysanne pour venir travailler à Genève, comme servante, puis comme lavandière. Elle perd son unique enfant et son compagnon dans des épidémies de peste. Si bien qu’à l’âge de 44 ans, elle se retrouve seule. Depuis sa jeunesse, elle a appris à connaître les vertus des plantes et à confectionner des remèdes pour son entourage. De son savoir naît une rumeur, de la rumeur vient une dispute, puis un procès… Michée Chauderon est la dernière femme à avoir été exécutée pour sorcellerie à Genève.

Interview de Bridget Dommen, auteure de livres pour enfants

Qui d’entre nous n’a pas été marqué par les livres de son enfance? Souvent choisis et lus le soir au coucher par les mères, ils ont construit notre vision du monde. C’est pourquoi nous avons trouvé intéressant de signaler une parution récente et innovante en matière de littérature enfantine. Il s’agit de quatre petits livres, joliment illustrés, consacrés à des femmes de l’histoire genevoise. Les vies de la dernière sorcière, d’Anna Eynard-Lullin, de Marie-Mélie et  de Mme de Staël sont autant de petits bijoux à consommer sans modération. Caroline Dommen, co-auteure, a accepté de répondre à quelques questions sur la genèse de ce projet.

 


 

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Madame Bridget Dommen

 

 CLAFG (C): Comment est née l’idée de ces livres pour enfants ?

Bridget Dommen (BD): C’est une histoire de famille ! Lors des festivités organisées autour de la naissance de JJ. Rousseau (1712- 1778), ma fille Caroline a cherché des livres sur le sujet pour en parler à ses enfants, mais n’a rien trouvé. Elle a alors écrit elle-même un petit texte sur le philosophe. Il a été lu à l’école et ce fut un succès. L’idée a fait son chemin, j’ai rejoint ma fille dans cette belle aventure et nous avons proposé aux autorités chargées des célébrations du Bicentenaire de mettre ainsi plusieurs personnages historiques genevois à la portée d’un jeune public. Nous avons obtenu une subvention de Genève 200.CH et les éditions « La joie de Lire «  ont soutenu notre démarche en acceptant de nous publier dans leur collection « Traces d’histoire ».

 

C: Votre démarche est-elle féministe ? Quelles ont été vos sources ?

BD: A titre personnel cela fait longtemps que je suis membre d’associations féminines pour la paix, mais à l’origine, notre démarche ne se voulait pas militante et en réalité, nous avions commencé par proposer surtout des noms d’hommes illustres. C’est le comité du bicentenaire  qui a souhaité faire ce choix de raconter uniquement des vies de femmes ayant marqué leur époque, dans des pages illustrées également par des femmes et pour un jeune public de filles et de garçons qui auront ainsi une vue plus égalitaire et plus complète de l’histoire genevoise. Quant aux héroïnes, je dirais qu’elles ont agi, non pas parce qu’elles étaient femmes, mais parce qu’elles étaient courageuses et intelligentes. Pour relater les faits nous avons beaucoup lu et même consulté les archives des tribunaux. Des historiens ont aussi relu tous nos textes.

 

C: Comment avez-vous choisi le vocabulaire de vos textes ?

BD: Idéalement ces histoires devraient être lues par un adulte pouvant expliquer à  un enfant, dès 7 ans, certaines notions abstraites incontournables dans ce contexte, comme  la République, la Réforme, la Révolution, le Congrès etc. Tout est relaté au présent avec des mots simples du langage actuel et des phrases courtes.

 

C: A l’inverse des contes de fées, vous exposez les faits avec un réalisme souvent brutal si on pense p.ex. à la scène de torture de la sorcière au 17e siècle, était-ce nécessaire ?

BD: Nous avons voulu restituer au plus juste les conditions de vie des siècles passés en donnant des détails concrets de la vie quotidienne. Chaque histoire commence par une date. Les évènements historiques ne sont pas exposés comme des faits abstraits, mais toujours reflétés à travers le vécu du personnage central . Notre but est aussi de montrer que ce qui a été injuste et contestable dans le passé peut et doit être changé de nos jours, qu’un progrès est possible sur le plan social ou politique par l’engagement citoyen. L’individuel peut nourrir et enrichir le collectif. C’est un message d’espoir et un encouragement. D’ailleurs chaque texte se termine par une petite phrase positive, une sorte de morale.

 

C: Allez-vous continuer dans cette voie ?

BD: Nous le souhaitons, mais cela dépendra du succès de ces premiers livres. C’est le public qui décide….

 

 

 Propos recueillis par Marjolaine Tonson La Tour, membre du comité du CLAFG.