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Redécouverte d’un texte : le Mémorandum de la paix (1915, mis à jour en 1919, et 2015)

Il y a des textes qui nous marquent plus que d’autres parce qu’ils sont porteurs d’un message. L’histoire peut ainsi faire irruption dans le présent. Se souvenir ou oublier ? Redécouvrir implique aussi un devoir, celui de commenter, de comprendre et de rechercher des remèdes surtout lorsqu’il s’agit de conflits. Certains, vous diront que ça ne sert à rien, que les guerres existeront toujours et qu’il n’y a aucun remède. D’autres, insisteront pour poursuivre leur quête d’alternatives à travers diverses voies et surtout dans le développement de la prévention des guerres.

Le 9 février 2015, le Lyceum Club international de Genève, créé en 1912 et membre fondateur, en 1937, du Centre de liaison des associations féminines de Genève (CLAFG), a pris l’initiative de le retravailler. Ce document écrit par 36 femmes (dont 13 Lycéennes) appartenant à 7 nationalités, fut signé à Genève le 9 février 1915. Il scellait la création de l’Union mondiale de la femme pour la concorde internationale, qui sera active jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

Il s’agit d’une invitation à revoir les représentations que les femmes se font de la guerre en les responsabilisant dans la lutte contre les causes psychologiques des guerres : la peur, l’ignorance et l’avidité. Leur démarche implique un travail sur les valeurs telles que la tolérance, la solidarité, le respect des diversités culturelles et religieuses, le respect de l’étranger, etc. Ce sont des règles de conduite applicables dans la vie quotidienne aux quatre coins du monde.

La fondatrice de l’Union, l’américaine Clara Guthry d’Arcis, choisit la suisse Marguerite Gobat, comme première secrétaire. Elle va contribuer en tant que rédactrice, féministe, pacifiste et éducatrice à lancer ces principes. Le texte original était bilingue: anglais et français.

Les versions en français, allemand, italien et anglais ont servi de base pour la traduction en espéranto réalisée depuis la Belgique par M. Germain Pirlot, sous l’instigation de Mireille Grosjean, présidente de la Ligue internationale des enseignats espérantistes. Cette langue internationale a servi de référence pour les traductions en arabe, chinois, portugais, népalais auxquelles nous espérons viendront bientôt s’ajouter d’autres traductions… Entretemps, que les versions française et espérantiste s’envolent et gagnent les divers réseaux à travers le monde! Ce texte table essentiellement sur la responsabilité individuelle mais aussi collective face à la guerre. Il appartient désormais à toute personne, de quel genre qu’elle soit, qui s’identifie avec quelques points de ce Mémorandum et qui s’engage à les faire respecter.

Que ces 14 points soient diffusés. Qu’ils soient source d’inspiration et d’échanges fructueux au cours de la journée de la femme 2017 ! Tel est le voeux des souscripteurs de hier, d’aujourd’hui et de demain !

Verdiana Grossi,
présidente du Lyceum Club international de Genève

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Mémorandum de l’Union mondiale de la femme pour la concorde internationale partiellement rédigé par des membres du Lyceum Club international (Genève, 1915 et 1920).

Consacré à la construction de la paix.

Mis à jour par les membres du Lyceum Club international de Genève et de Suisse, janvier 2016

1) Sachez reconnaître la diversité des points de vue engagez vous à trouver un terrain d’entente.

2) Remplacez les pensées de haine, forces destructives, par des pensées d’empathie et de justice, forces constructives. Ceci afin de détruire les barrières dans notre esprit avant
d’espérer détruire les barrières dans notre entourage et dans le monde.

3) Abstenez-vous de répandre des nouvelles ou des rapports susceptibles de créer des préjugés et de la haine entre peuples et nations.

4) Ne manquez jamais l’occasion d’opposer à toute opinion pessimiste l’assurance de votre foi inébranlable dans la possibilité d’abolir un jour la guerre, source de tant de détresse.

5) Supprimez les jeux de guerre et enseignez aux enfants que la guerre, est une tragédie trop sinistre pour en faire un jeu. Initiez-les à la résolution non-violente des conflits, la réconciliation et à la médiation.

6) Ne tolérez pas les remarques ironiques, méprisantes ou soupçonneuses à l’égard des étrangers. Il faut apprendre à les écouter pour connaître leur culture et l’apport que chaque
personne ou nation peut donner à la cause commune.

7) Intensifiez l’étude des langues; veillez à ce que les enfants apprennent les langues vivantes. Respectez les langues des minorités. Rappelez-vous en voyageant que votre pays sera jugé
d’après votre attitude.

8) Rappelez-vous que l’intolérance religieuse a été la cause de quelques-unes des plus terribles
guerres. Par l’étude comparée des religions respectez les diverses croyances.

9) Evitez les stéréotypes qui contribuent à rejeter l’autre ou à servir des intérêts particuliers qui ne prennent pas en compte les besoins humains élémentaires. Efforcez-vous de juger avec calme et impartialité: encouragez et défendez la liberté de pensée et d’opinion et soutenez la presse indépendante. Veillez à ce que les préjugés et les injustices soient supprimés des
manuels d’école.

10) Respectez vos voisins sans exalter votre pays. Lorsque vous voyagez efforcez-vous à en
véhiculer une image positive.

11) Soyez toujours prêtes à collaborer au développement social et économique des femmes et apportez-y un esprit de solidarité. Engagez vous en faveur du respect des droits et de la
protection de l’enfance.

12) Respectez l’environnement, la nature et les espèces animales en voie de disparition.

13) Quelle que soit un jour votre situation tentez de résoudre les différends qui pourraient surgir
autour de vous par les moyens de conciliation.

14) Contribuez par la pensée et l’action au déracinement des causes psychologiques de la guerre:
la peur, l’ignorance et l’avidité. Engagez-vous en faveur du désarmement moral et matériel.

 

Memorando de Monda Unio de la Virino por la internacia konkordo
Parte redaktita de membroj de Lyceum Club International (Ĝenevo, 1915 kaj 1920).

Dediĉita al la konstruado de la paco

Ĝisdatigita de la membroj de Lyceum Club International de Ĝenevo kaj de Svislando, januare 2016

1) Kapablu distingi la diversecon de la vidpunktoj, devigu vin trovi akordiĝterenon.

2) Anstataŭigu la malamajn pensojn, la detruemajn fortojn, per pensoj de kunsentemo kaj de justeco, per konstruigaj fortoj. Tio kun la celo neniigi la barojn en nia spirito antaŭ ol esperi neniigi la barojn en nia kunvivantaro kaj en la mondo.

3) Evitu diskonigi novaĵojn aŭ raportojn, kiuj povus estigi antaŭjuĝojn kaj malamon inter popoloj kaj nacioj.

4) Kontraŭ ĉiu pesimisma opinio ĉiam kaptu la okazon por starigi la memfidon de via rokfirma fido en la ebleco aboli la militon, fonton de tiom da mizeregoj.

5) Forigu la militludojn kaj lernigu al infanoj, ke la milito estas tro terura tragedio, por ke ĝi estu ludo. Ekinstruu al ili la senperfortan solvadon de konfliktoj, la repaciĝon kaj la mediaciadon.

6) Ne toleru ironiajn, malestimajn aŭ suspektemajn rimarkojn pri alilandanoj. Nepras lerni aŭskulti ilin por ekkoni ilian kulturon kaj la kontribuon, kiun ĉiu persono aŭ nacio povas doni al la komunumo.

7) Intensigu la lernadon de lingvoj ; zorgu, ke la infanoj eklernu vivantajn lingvojn. Respektu la lingvojn de la minoritatoj. Vojaĝante ne forgesu, ke via lando estos taksita laŭ via konduto.

8) Memoru, ke la religia maltoleremo estigis kelkajn militojn el la plej teruraj. Per kompara studado de la religioj respektu la diversajn kredojn.

9) Evitu la stereotipojn, kiuj kontribuas por malakcepti la alian aŭ por servi proprajn interesojn, kiuj ne atentas pri la homaj elementaj bezonoj. Strebu al trankvilaj kaj justaj juĝagadoj ; kuraĝigu kaj defendu la liberecon de penso kaj de opinio, kaj subtenu la sendependajn amaskomunikilojn. Zorgu, ke la antaŭjuĝoj kaj la maljustaĵoj estu forigitaj en la lernolibroj.

10) Respektu viajn apudulojn sen laŭdegi vian landon. Kiam vi vojaĝas, klopodu doni pri ĝi pozitivan bildon.

11) Ĉiam estu pretaj por kunlabori cele al la socia kaj ekonomia evoluado de la virinoj kaj aldoni en ĝin spiriton de solidareco. Luktu por la respekto de la infanaj rajtoj kaj por la protektado de infanoj.

12) Respektu la medion, la naturon kaj la bestspeciojn en malapero.

13) Kia ajn estu iun tagon via situacio, klopodu solvi akordiĝeme la malkonsentojn, kiuj povus naskiĝi ĉirkaŭ vi.

14) Per viaj pensoj kaj viaj agoj klopodu kunagi por la elradikigo de la psikologiaj kialoj de la milito : timo, nescio kaj monavido. Engaĝiĝu favore al la morala kaj materia malarmado.

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Un poème en l’honneur de la journée internationale des droits des femmes

Dans le cadre d’une soirée de réseautage organisée par le CLAFG dans ses bureaux à la fin de l’année 2016, Mme Stéphanie Metzger Del Campo, présidente du CLAFG, a invité les personnes présentes à noter sur un tableau un mot que leur inspirait les femmes. A partir de cette liste des plus variées, elle s’est adonnée à la tâche de rédiger un poème dédié aux femmes. En cette journée internationale des droits des femmes, nous avons tenu à vous le partager. Le voici:

Le pétillant rêve
d’être une femme
est inscrit
dans la voie lactée.
L’amour en cascade
éveille un ruisseau
de pure solidarité
et de sororité audacieuse.
Nous les femmes,
osons
la force dans la fragilité,
animons de beauté
ce corps planétaire
où les différences
tissent nos identités.
Un jour toujours
pour que les regards
s’inspirent
de bienveillance.
Nous
les femmes,
dans cette gratitude infinie
nous sommes à l’aise,
car
l’indicible
jaillit
de l’émotion du partage.
Les petits et grands bonheurs
partagés entre femmes
deviennent
les grands bastions d’espérance
et d’engagement
qui vêtissent nos corps.
Les échanges
découvrent
nos dons inouïs
que nous offrons
avec l’amour inconditionnel.
Femmes,
l’amour toujours!

Stéphanie Metzger del Campo et des collègues du CLAFG

 

Le CLAFG vous souhaite une bonne journée internationale des droits des femmes !

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Au cinéma le 18 novembre: les suffragettes

Un drame poignant qui retrace les débuts du mouvement féministe en Angleterre.

Angleterre, 1912. Maud, une jeune femme issue d’un milieu modeste travaillant dans une blanchisserie, se retrouve engagée dans le mouvement féministe des Suffragettes. Se rendant compte que les manifestations pacifiques ne mènent à rien, elle commence à se radicaliser, quitte à perdre son foyer, ses enfants ou même sa vie, dans son combat pour l’obtention du droit de vote des femmes.

Un film de: Sarah Gavron

Avec: Meryl Streep, Carey Mulligan, Helena Bonham Carter, Brendan Gleeson, Anne Marie Duff, Ben Whishaw

 

Bande Annonce VOf :

 

Bande Annonce VF :

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La belle saison

Un film sur des femmes, réalisé par une femme.

Sortie le 19 août.

Bande annonce

Synopsis

 197film-femmes-genève1, Delphine a vingt-trois ans. Fille de paysan, elle monte à Paris pour gagner son  indépendance financière; elle se rêve à la tête de sa propre exploitation, un projet impensable  à l’époque pour une femme.

 Carole est parisienne. Elle a trente-cinq ans. En couple avec Manuel, elle vit activement les  débuts du féminisme. Lorsque Delphine et Carole se rencontrent, leur histoire d’amour fait  basculer leur vie.

 Mais Delphine est contrainte de rentrer à la ferme. Carole la suit. Là-bas, elles vont devoir  affronter une autre réalité…

 

Consultez le dossier de presse ici

 

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Maestro/ Maestra

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LIVRES POUR ENFANTS


ANNA, MARIE-MELIE, GERMAINE ET MICHÉE : LES DAMES DE GENEVE

 

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Dans le cadre du bicentenaire de l’entrée de Genève dans la Confédération suisse, la publication d’une série récente de livres pour enfants permet d’évoquer l’histoire de la région par le biais de 4 femmes d’origines très différentes: Anna Eynard-Lullin, Marie-Mélie Beuda, Germaine De Staël et Michée Chauderon.

Une manière agréable d’aborder l’histoire et de montrer aux enfants des personnalités que nous avons moins l’habitude de lire. Si vous le souhaitez, venez retrouver leurs auteures au Salon du livreelles animeront un atelier pour les enfants le vendredi 1er mai de 10h à 11h. Inscriptions à joanna@lajoiedelire.ch ou 022.807 33 99.
De plus, vous aurez le plaisir de les rencontrer pour des séances de dédicace le vendredi 1er mai de 11h à 12h30 et le dimanche 3 mai de 11h à 13h.

 

Pour mieux comprendre, le CLAFG a rencontré l’auteure :

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Marie-Mélie est née au début du XIXe siècle à Genève. Fille de femme de chambre d’une riche famille bourgeoise de la ville, elle a néanmoins reçu une instruction qui lui permet de tenir son journal où elle décrit les faits marquants de son époque : la ville sens dessus dessous en 1814 suite au départ des français et l’arrivée de l’armée autrichienne ; la déclaration d’Indépendance de la République, la joie de voir le débarquement des Suisses au Port Noir ; enfin les longues mois d’incertitude quant à l’avenir de Genève et ses frontières.

Bien plus qu’une simple fresque historique, le journal de Marie-Mélie offre un aperçu des peurs, des espoirs et des incompréhensions des petits gens – et surtout des enfants – en des temps troublés.

 

 

 

 


 

 

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Printemps 1652. Sur la plaine de Plainpalais une foule est rassemblée pour assister à l’exécution de Michée Chauderon, cruel épilogue d’un procès en sorcellerie. D’origine savoyarde, Michée quitte la vie paysanne pour venir travailler à Genève, comme servante, puis comme lavandière.

Elle perd son unique enfant et son compagnon dans des épidémies de peste. Si bien qu’à l’âge de 44 ans, elle se retrouve seule. Depuis sa jeunesse, elle a appris à connaître les vertus des plantes et à confectionner des remèdes pour son entourage. De son savoir naît une rumeur, de la rumeur vient une dispute, puis un procès… Michée Chauderon est la dernière femme à avoir été exécutée pour sorcellerie à Genève.

 

 

 

 


 

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Genevoise par son père, le financier Jacques Necker, c’est à Paris que Germaine de Staël forge son caractère indépendant, en assistant déjà petite au salon de sa mère, qui reçoit philosophes, écrivains et savants chez elle.

Mariée à l’âge de19 ans au Baron Eric-Magnus de Staël-Holstein, ambassadeur de Suède à Paris, elle aura de nombreux amants et 5 enfants. Favorable à la Révolution Française, ballottée entre la France et Coppet, cette femme libre et d’esprit rebelle va traverser la Terreur, être interdite de sol français par Napoléon, écrire lettres, pièces, essais politiques et romans et côtoyer les plus grands esprits de son temps.

 

 

 


 

 

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Printemps 1652. Sur la plaine de Plainpalais une foule est rassemblée pour assister à l’exécution de Michée Chauderon, cruel épilogue d’un procès en sorcellerie. D’origine savoyarde, Michée quitte la vie paysanne pour venir travailler à Genève, comme servante, puis comme lavandière. Elle perd son unique enfant et son compagnon dans des épidémies de peste. Si bien qu’à l’âge de 44 ans, elle se retrouve seule. Depuis sa jeunesse, elle a appris à connaître les vertus des plantes et à confectionner des remèdes pour son entourage. De son savoir naît une rumeur, de la rumeur vient une dispute, puis un procès… Michée Chauderon est la dernière femme à avoir été exécutée pour sorcellerie à Genève.

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Interview de Bridget Dommen, auteure de livres pour enfants

Qui d’entre nous n’a pas été marqué par les livres de son enfance? Souvent choisis et lus le soir au coucher par les mères, ils ont construit notre vision du monde. C’est pourquoi nous avons trouvé intéressant de signaler une parution récente et innovante en matière de littérature enfantine. Il s’agit de quatre petits livres, joliment illustrés, consacrés à des femmes de l’histoire genevoise. Les vies de la dernière sorcière, d’Anna Eynard-Lullin, de Marie-Mélie et  de Mme de Staël sont autant de petits bijoux à consommer sans modération. Caroline Dommen, co-auteure, a accepté de répondre à quelques questions sur la genèse de ce projet.

 


 

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Madame Bridget Dommen

 

 CLAFG (C): Comment est née l’idée de ces livres pour enfants ?

Bridget Dommen (BD): C’est une histoire de famille ! Lors des festivités organisées autour de la naissance de JJ. Rousseau (1712- 1778), ma fille Caroline a cherché des livres sur le sujet pour en parler à ses enfants, mais n’a rien trouvé. Elle a alors écrit elle-même un petit texte sur le philosophe. Il a été lu à l’école et ce fut un succès. L’idée a fait son chemin, j’ai rejoint ma fille dans cette belle aventure et nous avons proposé aux autorités chargées des célébrations du Bicentenaire de mettre ainsi plusieurs personnages historiques genevois à la portée d’un jeune public. Nous avons obtenu une subvention de Genève 200.CH et les éditions « La joie de Lire «  ont soutenu notre démarche en acceptant de nous publier dans leur collection « Traces d’histoire ».

 

C: Votre démarche est-elle féministe ? Quelles ont été vos sources ?

BD: A titre personnel cela fait longtemps que je suis membre d’associations féminines pour la paix, mais à l’origine, notre démarche ne se voulait pas militante et en réalité, nous avions commencé par proposer surtout des noms d’hommes illustres. C’est le comité du bicentenaire  qui a souhaité faire ce choix de raconter uniquement des vies de femmes ayant marqué leur époque, dans des pages illustrées également par des femmes et pour un jeune public de filles et de garçons qui auront ainsi une vue plus égalitaire et plus complète de l’histoire genevoise. Quant aux héroïnes, je dirais qu’elles ont agi, non pas parce qu’elles étaient femmes, mais parce qu’elles étaient courageuses et intelligentes. Pour relater les faits nous avons beaucoup lu et même consulté les archives des tribunaux. Des historiens ont aussi relu tous nos textes.

 

C: Comment avez-vous choisi le vocabulaire de vos textes ?

BD: Idéalement ces histoires devraient être lues par un adulte pouvant expliquer à  un enfant, dès 7 ans, certaines notions abstraites incontournables dans ce contexte, comme  la République, la Réforme, la Révolution, le Congrès etc. Tout est relaté au présent avec des mots simples du langage actuel et des phrases courtes.

 

C: A l’inverse des contes de fées, vous exposez les faits avec un réalisme souvent brutal si on pense p.ex. à la scène de torture de la sorcière au 17e siècle, était-ce nécessaire ?

BD: Nous avons voulu restituer au plus juste les conditions de vie des siècles passés en donnant des détails concrets de la vie quotidienne. Chaque histoire commence par une date. Les évènements historiques ne sont pas exposés comme des faits abstraits, mais toujours reflétés à travers le vécu du personnage central . Notre but est aussi de montrer que ce qui a été injuste et contestable dans le passé peut et doit être changé de nos jours, qu’un progrès est possible sur le plan social ou politique par l’engagement citoyen. L’individuel peut nourrir et enrichir le collectif. C’est un message d’espoir et un encouragement. D’ailleurs chaque texte se termine par une petite phrase positive, une sorte de morale.

 

C: Allez-vous continuer dans cette voie ?

BD: Nous le souhaitons, mais cela dépendra du succès de ces premiers livres. C’est le public qui décide….

 

 

 Propos recueillis par Marjolaine Tonson La Tour, membre du comité du CLAFG.