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Pilules de 3ème et 4ème génération information du Planning familial
Unité de santé sexuelle et planning familial
Le point sur la contraception


Le point sur la contraception


par Lorenza Bettoli
Responsable, HUG-Service de médecine communautaire et de premier recours
Unité de santé sexuelle et planning familial
47 Boulevard de la Cluse, CH-1205 Genève
Tel : 0041/ (0)22 372 55 00 /Fax : 0041 (0)22 372 53 15
e-mail : lorenza.bettoli@hcuge.ch
Sites web :
- http://planning-familial.hug-ge.ch
- htpp ://www.saphirdoc.ch

- SANTE SEXUELLE Suisse :
www.sante-sexuelle.ch
Fondation suisse pour la santé sexuelle et reproductive
Centres de consultation en santé sexuelle et reproductive de Suisse


Introduction

Depuis l’Antiquité, les sociétés humaines ont recherché et mis en place des procédés dans le but d’éviter une grossesse ou d’espacer les naissances selon leurs possibilités et leurs connaissances techniques.

C’est avec la pilule contraceptive, commercialisée depuis les années ’60, que l’on parle d’une véritable révolution contraceptive. L’efficacité des autres méthodes jusque là en vigueur n’ont jamais égalé celle de la pilule.

D’autres progrès en matière de contraception ont permis d’élargir la palette contraceptive grâce à l’apparition du patch, de l’anneau vaginal, du stérilet à la progestérone, de l’implant ou encore du préservatif féminin. Grâce à la fiabilité des moyens contraceptifs, la femme et le couple peuvent ainsi mieux maîtriser leur fécondité et décider, en principe, quand et combien d’enfants ils souhaitent.
La gestion de la contraception tout au long de la vie d’une femme n’est pas aisée, car elle s’étend depuis le début des règles jusqu’à la survenue de la ménopause. Le choix contraceptif n’est pas fait une fois pour toute, mais nécessite des réadaptations, surtout lors des différentes étapes de la vie telles que l’adolescence, après une naissance ou encore en periménopause.

La contraception permet aussi de vivre sa sexualité de manière plus sereine, sans craindre une grossesse non souhaitée lors des rapports sexuels.

L’arrivée sur le marché de la pilule contraceptive a ainsi permis de dissocier la procréation de la sexualité. Actuellement, l’IPPF (International Planned Parenthood Federation) définit la sexualité comme une composante des droits humains, lesquels contribuent à la liberté, l’égalité et la dignité de chacun.

Dès les années ’80, avec l’apparition de l’épidémie du Sida, l’usage du préservatif a été mis au premier plan comme moyen de protection contre les infections sexuellement transmissibles (IST).

Le conseil en contraception permet à la femme et au couple d’effectuer un choix éclairé, basé sur une information complète et adaptée à la personne et/ou au couple à un moment donné de leur vie et en tenant compte du contexte socioculturel.
Dans ce cadre, le/la conseillère en santé sexuelle et reproductive n’aborde pas seulement les avantages et les inconvénients d’une méthode, son mode d’action et d’utilisation, mais également d’autres aspects comme la représentation que la femme s’en fait, les idées fausses et les craintes. Il peut y avoir aussi une résistance à la contraception en général ou plus particulièrement à une méthode spécifique. Aborder ces aspects permet d’affiner encore le choix et de favoriser l’acceptabilité et la compliance contraceptive.

Selon la méthode contraceptive choisie (méthodes hormonales et intra-utérines), une visite gynécologique est nécessaire afin que le médecin détermine, avant prescription ou mise en place du moyen contraceptif, les éventuels facteurs de risque médicaux et contre-indications.

Afin de favoriser une promotion et une prévention de la santé sexuelle et reproductive, le rôle des plannings familiaux et de tous les professionnels actifs dans ce domaine est fondamental. Il l’est d’autant plus auprès des jeunes, des femmes migrantes et de toute personne vulnérable. Les hommes doivent aussi être intégrés et responsabilisés dans le choix contraceptif, car la contraception n’est pas qu’une affaire de femmes.

Que signifie le terme de contraception ?

Ce mot signifie « contre la conception », soit l’utilisation de tout procédé empêchant volontairement la conception, de manière temporaire et réversible.
Il englobe l’ensemble des méthodes contraceptives qui visent à éviter une grossesse non programmée et non souhaitée.

Il serait réducteur de considérer la contraception que sous ses aspects techniques. Elle doit également être envisagée avec ses implications directes dans le vécu de la sexualité, du désir d’enfant, de la maternité où interfèrent à la fois des normes culturelles, morales, religieuses et personnelles. Cette définition permet de mettre en évidence la complexité des mécanismes en jeu autour du désir d’enfant et de la sexualité.

Critères de choix de la contraception

Il existe différents critères qu’il faut prendre en considération dans tout entretien contraceptif, afin que la personne puisse adhérer au choix d’une méthode.

Ces critères sont interdépendants et se composent de plusieurs éléments, que nous allons détailler.

1) L’efficacité contraceptive
2) L’innocuité
3) La réversibilité
4) La facilité d’application
5) Le prix
6) L’acceptabilité d’une méthode

1) L’efficacité contraceptive

Elle est définie par l’indice de Pearl qui est une formule utilisée dans les essais cliniques pour mesurer l’efficacité des méthodes de contraception. Il est calculé en divisant le nombre moyen de grossesses non planifiées par le nombre de mois d’utilisation d’une méthode de contraception particulière et en multipliant le résultat par 1200. Cela correspond au nombre de grossesses non intentionnelles observées pour 100 femmes utilisant une contraception donnée durant un an (voir tableau en fin d’article).

L’efficacité contraceptive comporte une efficacité théorique, lorsque les conditions idéales d’utilisation d’une méthode sont réunies et une efficacité pratique, qui concerne l’utilisation d’une méthode par une population tout venant.

Plus une méthode contraceptive nécessite l’intervention directe de la personne, plus les risques d’échec sont importants, car cela dépend du comportement humain adopté.

Exemples :

- Une femme qui prend une pilule contraceptive, mais qui omet parfois de la prendre à la même heure ou qui oublie plusieurs comprimés de suite, aura un risque plus élevé de se retrouver enceinte.

- Une femme qui utilise un stérilet à la progestérone, qui a une durée d’action de cinq ans, aura moins de risque de se retrouver enceinte que la femme précédente, car le stérilet ne nécessite pas une action quotidienne de la part de la femme. Une fois posé, il fonctionne indépendamment de l’attention que la femme peut lui porter.

Efficacité des méthodes contraceptives

Le taux d’efficacité décrit dans la littérature au sujet de chaque méthode de contraception peut varier selon les ouvrages consultés.
Les méthodes de contraception peuvent ainsi être classées dans différentes catégories : les méthodes sûres et les méthodes peu sûres.

Méthodes sûres

La sécurité contraceptive dépend du respect des consignes. Nous pouvons subdiviser les méthodes en plusieurs catégories :
1)Les méthodes hormonales (pilule œstro-progestative ou progestative, l’implant, l’injection trimestrielle, le patch, l’anneau, le stérilet à la progestérone)
2)Les méthodes intra-utérines (stérilet en cuivre ou à la progestérone)
3)Les méthodes barrière, qui empêchent les spermatozoïdes de monter dans l’utérus. (préservatifs masculin et féminin, diaphragme, cape cervicale). Les préservatifs ne protègent pas seulement de la grossesse, mais aussi des IST et du Sida.
4)La méthode d’auto-observation (MAO) ou sympto-thermique consiste à détecter la phase fertile ou infertile du cycle menstruel, par une observation de la glaire cervicale et du col de l’utérus, ainsi que par une mesure de la courbe de température. Lors de la phase fertile, si la femme ne souhaite pas avoir une grossesse, elle doit s’abstenir de rapports sexuels avec pénétration ou utiliser une méthode de contraception complémentaire non hormonale, comme par exemple le préservatif.
Cette méthode, si elle est bien utilisée, a une bonne efficacité.

Méthodes peu sûres

Même si certaines méthodes contraceptives sont considérées comme peu sûres, elles sont toutefois encore largement utilisées dans le monde.
le retrait ou « coït interrompu » : l’homme se retire du vagin avant l’éjaculation
la méthode dite « du calendrier » ou méthode « Ogino-Knaus ».

Méthode à utiliser dans l’urgence :

- Contraception d’urgence (CPC) appelée aussi pilule post-coïtale ou « pilule du lendemain »
- Pose d’un stérilet dans les cinq jours après la prise de risque contraceptive

La contraception d’urgence

Il s’agit d’un comprimé de progestérone ( Norlevo ®) qui permet d’éviter une grossesse dans la plupart des cas. Plus il est pris tôt, plus il est efficace. Sa prise doit avoir lieu dans les 72 heures suivant un rapport sexuel à risque.
Ce n’est pas un moyen de contraception à utiliser régulièrement, mais un moyen d’urgence à prendre en cas de : rupture ou glissement de préservatif, rapport sexuel sans protection, oubli de pilule et ceci lorsqu’une grossesse ne serait pas acceptée.

Elle peut être obtenue en pharmacie sans ordonnance médicale, auprès des médecins et dans les plannings familiaux. En dessous de 16 ans, les jeunes doivent s’adresser au planning familial pour l’obtenir. C’est l’occasion pour faire un travail de prévention et d’information des jeunes autour de la prise de risque.

2) L’innocuité

Une méthode de contraception ne doit pas être nuisible à la santé de la femme. Pour cette raison, la prescription des méthodes contraceptives hormonales, mais aussi des stérilets, doit se faire lors d’un contrôle gynécologique qui exclut tout facteur de risque médical et toute contre-indication liés à la méthode choisie, ceci sur la base d’une anamnèse médicale, familiale et personnelle de la femme.

Exemple :

L’utilisation d’une contraception hormonale ne sera pas conseillée chez une femme qui cumule des facteurs de risque cardiovasculaires : antécédents de thrombose veineuse ou artérielle, taux élevé de graisses dans le sang, hypertension artérielle, obésité, fort tabagisme.

3) La réversibilité

Ce critère est à la base même de la définition d’une méthode de contraception. Cela signifie qu’à l’arrêt de l’utilisation d’une méthode, le retour à la fertilité doit être rapide, mais peut être variable selon la méthode utilisée.

Exemple :

Avec l’injection trimestrielle utilisée pendant un certain nombre de cycles, le retour à la fertilité pourra être plus lent que suite à l’arrêt de la prise de la pilule contraceptive.

Etant donné que la stérilisation (féminine et masculine) n’est pas considérée comme une méthode réversible, elle ne fait pas partie des méthodes contraceptives. Il s’agit ainsi d’une méthode dite « définitive ».

4) La facilité d’application

Une personne qui recourt à une méthode de contraception doit être à l’aise avec son utilisation.

Exemple :

- Une femme qui souhaiterait utiliser un anneau vaginal ou un diaphragme, doit se sentir à l’aise d’introduire les doigts dans son vagin pour la mise en place du moyen contraceptif.

- Un homme qui perd son érection chaque fois qu’il met son préservatif, ne va pas avoir envie de continuer à l’utiliser.

5) Le prix

Le choix contraceptif se heurte parfois à une difficulté économique pour la personne. Selon son coût, elle peut être amenée à renoncer à son utilisation.
En effet, en Suisse, la contraception, qui rentre dans le domaine de la prévention, n’est ni gratuite, ni remboursée par les assurances maladies.

Exemple :

- Une adolescente qui demande une prescription de pilule sans en informer ses parents et qui a un argent de poche limité, ne pourra pas facilement se la procurer.

- Une femme qui vit dans une situation précaire ne pourra pas disposer d’une somme importante d’argent à investir d’un seul coup pour la pose d’un stérilet à la progestérone qui coûte environ 300.- , même si la sécurité contraceptive s’étend sur cinq ans et qu’elle y gagne à long terme.

6) L’acceptabilité d’une méthode

Ce critère est le plus complexe, car plusieurs facteurs entrent en jeu : biologiques, intrapsychiques, le couple, la famille et socioculturels.

Exemple :

- Une femme qui redoute une stérilité suite à la prise d’une hormone de synthèse sera réticente aux méthodes hormonales.
- Une femme qui voit le stérilet comme l’intrusion d’un corps étranger dans son utérus, ne se sentira pas à l’aise avec cette méthode.

Dans le tableau intitulé « Contraception : tour d’horizon », vous pouvez avoir un aperçu des différentes méthodes de contraception (hormonales, dispositifs intra-utérin, méthodes barrière, MAO)

Si vous voulez en savoir plus sur les différentes méthodes de contraception, nous vous suggérons d’aller consulter le site de
SANTE SEXUELLE Suisse : http://www.sante-sexuelle.ch qui regroupe les fiches contraceptives élaborées en différentes langues par l’association professionnelle des conseillères en santé sexuelle et reproductive (ASCPF).

Indice de Pearl : pourcentage de femmes concernées par une grossesse non intentionnelle dans la première année d’utilisation de la contraception.

MéthodeÉchec avec utilisation correcteÉchec en emploi typique
Aucune méthode 85 % 85 %
Pilule 0,3% 8%
DIU au cuivre 0,6 % 0,8 %
SIU hormonal 0,1 % 0,1 %
Préservatif masculin 2% 15%
Coït interrompu 4% 27%
Préservatif féminin 5% 21%
Anneau vaginal 0,3% 8%
Patch contraceptif 0,3% 8%
Diaphragme 6% 16%
Cape cervicale 9% / 26%
(nullipare / ayant un enfant)
16% / 32%

(nullipare / ayant un enfant)

Éponge 9% / 26%
(nullipare / ayant un enfant)
16% / 32%
(nullipare / ayant un enfant)
Spermicides 18% 29%
Progestatifs injectables 0,3% 3%
Stérilisation masculine (vasectomie) 0,1% 0,15%
Stérilisation féminine
(ligature des trompes)
0,5% 0,5%
Méthode du calendrier 9% 25%
Méthode des températures jusqu’à 25%
Méthode symptothermique 2% 25%

Source : OMS. - Critères de recevabilité pour l’adoption et l’utilisation continue de méthodes contraceptives. - 3e éd., 2005

Unité de santé sexuelle et planning familial dépend du Service de médecine communautaire et de premier recours. Il est à votre disposition pour répondre à toute question sur la contraception lors d’entretiens gratuits, en individuel ou en couple. Quant aux autres prestations fournies, veuillez vous référer à l’article sur la présentation du Planning familial paru dans CLAFG-Info du mois de mai 2009 (que vous trouverez sur le site du CLAFG : www.clafg.ch.

Adresse : 47, Bld. de la Cluse, 1205 Genève
Tél. : 022/372 55 00
Site Internet  : http://planning-familial.hug-ge.ch

Lorenza Bettoli, sage-femme, conseillère en santé sexuelle et reproductive, sexologue, responsable de l’Unité de santé sexuelle et planning familial
Avec la collaboration de Mme Geneviève Sandoz, conseillère en santé sexuelle et reproductive, psychologue et Mme Anne-Laure Piguet, documentaliste


BIBLIOGRAPHIE

Contraception et sexualité : connaître, choisir, prévenir les risques / Roland Cachelou. Paris : In Press, 2008. 159 p. (Questions de patients)

Choisir sa contraception / Martin Winckler. Paris : Fleurus, 2007. 149 p. (La santé en questions)

Contraceptions, mode d’emploi / Martin Winckler. 3e éd. rev. et augm. Paris : J’ai lu, 2007. 619 p. (Vie quotidienne ; 8248)

La méthode Billings : utilisation d’un signe naturel de la fertilité donné par le corps pour favoriser ou différer une grossesse / Evelyn L Billings, Ann Westmore. Paris : Tequi, 2005. 316 p.

La contraception / Marina Carrere d’Encausse, Michel Cymes. Alleur : Marabout, 2004. 127 p.

L’art de vivre sa fertilité : méthode sympto-thermique de régulation naturelle des naissances / Josef Roetzer. Lully (CH) : C. Bourgeois ; Montrouge (FR) : Nouvelle Cité, 1999. 128 p.

Histoire illustrée de la contraception : de l’Antiquité à nos jours / Albert Netter, Henri Rozenbaum. Paris : Dacosta, 1985. 491 p.

Ces livres sont disponibles en prêt au centre de documentation du Planning familial



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