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Irène Reymond, coloriste suisse
Aung San Suu Kyi Prix Nobel 1991
Prix "Femme exilée, Femme engagée" 2012
Jacqueline Berenstein-Wavre : 90 ans de punch en 2011 !
Wangari Maathai, Prix Nobel de la paix 2004, est décédée
Le Nobel à 3 femmes pour la paix en 2011
Qui voulait la peau de Shehla Masood en 2011 ?
Feu Ruth Fayon, médaillée "Genève reconnaissante" en 2006
Michelle Bachelet, Directrice exécutive de l’Agence ONU Femmes en 2011, ex-présidente du Chili
Eliane Longet, présidente de l’Association "Graine de Baobab", décorée pour son action au Burkina Faso
Renée Girod, présidente du CLAFG de 1951 à 1960, fondatrice de l’Association des Vernets d’Arve
Anja Wyden Guelpa, Chancelière d’Etat du Canton de Genève dès 2009
Anne Goin, Chevalièrre de la Légion d’Honneur, Présidente-Fondatrice de l’Association Hubert Goin (membre du BPW) en 2010


Aung San Suu Kyi Prix Nobel 1991


AUNG SAN Suu Kyi : son parcours

  • 1990 : prix Rafto décerné par la Fondation Rafto pour les droits humains.
  • 1990 : prix Sakharov pour la liberté de pensée
  • 1991 : prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi n’a reçu son prix Nobel de la Paix, décerné en 1991, que le 16 juin 2012 à Oslo avec un retard de 21 ans.
  • 2000 : Médaille présidentielle de la liberté
  • 2005 : prix Olof Palme
  • 2008 : Prix de la Fondation décerné in absentia par le Forum de Crans Montana et remis par M. Jacques Barrot Vice-président de la Commission Européenne et M. Federico Mayor Co-Président du Panel des Nations Unies pour l’Alliance des Civilisations
  • 2012 : Commandeur de l’Ordre de la Légion d’honneur française.

Elle est membre de la fondation PeaceJam.

Aung San Suu Kyi, fille du général Aung San qui a négocié l’indépendance de la Birmanie et de son épouse Khin Kyi.

Née le 19 juin 1945 à Rangoun, elle est diplômée de l’Université de New Dehli en 1964, suit un cursus de philosophie, politique et économie au St Hugh’s College de 1964 à 1967, terminera ses études par un doctorat à la School of Oriental and African Studies de Londres. En 1972, elle se marie à Michael Aris, homme rencontré à Oxford. En 1973, elle donne naissance à Alexander, à Londres ; en 1977, a un second enfant, Kim, né à Oxford. Suu Kyi vit alors entre le Royaume-Uni et le Bhoutan, pays où habite son mari, car il fait à cette époque une étude sur l’Himalaya et le Tibet.

En 1967, à 22 ans, elle entame un second cycle d’études supérieures et devient secrétaire-assistante du Comité des questions administratives et budgétaires des Nations unies. En 1988, Aung San Suu Kyi retourne vivre en Birmanie. Cette année-là, le général Ne Win, leader du parti socialiste au pouvoir, perd peu à peu le contrôle du pays. Des manifestations pro-démocratiques éclatent dans tout le pays. Elles sont violemment réprimées par l’armée. Une nouvelle junte militaire, le Conseil d’État pour la restauration de la Loi et de l’Ordre prend le pouvoir le 18 septembre 1988.

Le 20 juillet 1989, elle est arrêtée par le gouvernement militaire qui lui propose la liberté à condition qu’elle quitte le pays, ce qu’elle refuse. Elle est mise plus tard en liberté « surveillée ».

En 1990, la junte militaire, sous la pression populaire, met en place des élections générales, qui sont gagnées très largement par le parti de Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie. Cette dernière remporte 58,7 % des voix et 392 des 492 sièges de l’assemblée, contre 21 % des voix et 10 sièges pour le parti soutenant le pouvoir militaire. Alors qu’elle doit ensuite prendre le poste de premier ministre, la junte militaire refuse le scrutin et annule le résultat des élections. Cela provoque un scandale au niveau international.

Suu Kyi reçoit cette année-là le prix Sakharov et le prix Rafto puis le prix Nobel de la paix en 1991. Elle reçoit la somme de 1,3 million de dollars qu’elle utilise pour établir un système de santé et d’éducation pour le peuple de Birmanie.

Elle est libérée de sa détention surveillée en juillet 1995, cependant il est très clair que si elle quittait le pays afin de rendre visite à sa famille au Royaume-Uni, elle se verrait refuser le droit de revenir en Birmanie.
En 1996, en arrêtant un proche qui meurt en prison (affaire Nichols), la junte cherche à intimider Aung San Suu Kyi mais provoque un processus de sanctions internationales. En 1997, son mari Michael Aris est atteint du cancer de la prostate, cependant le gouvernement birman lui refuse le droit d’entrer pour visiter sa femme. La junte militaire essaie clairement de faire partir Suu Kyi afin de s’en « débarrasser ». Suu Kyi ne reverra jamais son mari qui meurt en 1999. De plus elle reste séparée de ses enfants, qui vivent toujours au Royaume-Uni.

Elle se voit refuser le droit de rencontrer les membres de son parti plusieurs fois. En septembre 2000, elle est mise une fois de plus en maison d’arrêt. Le 6 mai 2002, après une négociation secrète entre les Nations unies et la junte militaire, elle est libérée. Suu Kyi a alors déclaré : « C’est une nouvelle ère pour le pays ».

Cependant le 30 mai 2003, son convoi est attaqué dans le village de Depayin par un groupe paramilitaire payé par la junte au pouvoir. Beaucoup de ses supporters sont tués ou blessés durant cette embuscade. Suu Kyi réussit à s’échapper grâce à son chauffeur Ko Kyaw Soe Lin, mais est arrêtée un peu plus tard. Elle est alors à nouveau emprisonnée à la prison d’Insein à Rangoon. Elle est ensuite transférée en maison d’arrêt en septembre 2003 à cause de ses problèmes de santé et d’une hystérectomie.

En mars 2004, Razali Ismail, un envoyé spécial des Nations unies, a pu rencontrer Aung San Suu Kyi. Ismail a démissionné de son poste l’année suivante, en partie parce qu’il s’est vu refuser l’entrée en Birmanie par la suite.

Le 28 novembre 2005, la junte militaire birmane prolonge de six mois l’assignation à résidence de la chef de l’opposition. Une prolongation prise en vertu de la loi de 1975 de la protection de l’État (Article 10b) visant à « protéger l’État d’éléments destructeurs » qui permet à l’État d’emprisonner quelqu’un pendant cinq ans sans jugement3. Le 20 mai 2006, Ibrahim Gambari, un autre envoyé spécial des Nations unies a pu rencontrer Suu Kyi, la première visite étrangère depuis 2004.

Le 27 mai 2006, l’assignation à résidence de Aung San Suu Kyi est prolongée d’un an, ce qui provoque l’appel de Kofi Annan, le secrétaire général des Nations unies, à Than Shwe le dirigeant de la junte militaire.

Le 9 juin 2006, Suu Kyi est hospitalisée suite à de sévères diarrhées, selon un représentant des Nations unies pour un gouvernement de coalition nationale pour l’union de la Birmanie5. La junte militaire dénie ces informations.

Le 19 juin 2006, Suu Kyi passe son soixante et unième anniversaire en maison d’arrêt, sa ligne téléphonique est coupée, son courrier filtré et elle n’a pas accès aux soins médicaux qu’elle désire. Des manifestations sont organisées devant les ambassades birmanes.

Le 14 mai 2007, un appel est lancé par une cinquantaine d’anciens dirigeants du monde entier pour la libération d’Aung San Suu Kyi.

Le 25 mai 2007, le régime militaire birman a une nouvelle fois prolongé d’un an l’assignation à résidence d’Aung San Suu Kyi.

Le 22 septembre 2007, l’opposante birmane assignée à résidence depuis 2003, est exceptionnellement sortie brièvement en pleurs de sa maison à Rangoun pour saluer des moines bouddhistes qui manifestent contre la junte militaire, pour la cinquième journée consécutive.

Le 24 septembre 2007, Aung San Suu Kyi a été enfermée à la prison d’Insein6. L’assignation à résidence expire le dimanche 27 mai 2007, mais est reconduite sans autre forme de procès pour un an, et l’est de nouveau le 27 mai 2008, totalisant ainsi sept ans d’assignation à résidence forcée.

En septembre 2008, des inquiétudes s’expriment quant à sa santé, elle refuserait la nourriture qui lui est apportée par la junte militaire8. En mai 2009, son état de santé est de plus en plus inquiétant (« Elle ne peut pas manger, sa tension est faible, et elle souffre de déshydratation », d’après son assistante médicale).

Aung San Suu Kyi est à nouveau placée en détention le 7 mai 2009 par les autorités birmanes. Selon la secrétaire d’État française Rama Yade, l’arrestation d’Aung San Suu Kyi, accusée d’activité subversive à quelques jours de sa libération, est un « prétexte manifestement recherché pour l’écarter du processus électoral, d’autant plus que la LND, le parti politique d’Aung San Suu Kyi, est totalement laminé ». L’objectif du régime est de « tout mettre en place pour arriver aux élections législatives de 2010 sans gêne, sans entrave ».

Le 10 août 2009, Aung San Suu Kyi est condamnée à dix-huit mois de détention, ce qui la prive de tout moyen de participer à l’élection générale de 2010. L’Union européenne menace la junte birmane de sanctions, et la Malaisie a appelé à une réunion d’urgence de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN). L’opposante birmane a décidé de faire appel.

Son parti, la Ligue nationale pour la démocratie, boycotte les élections législatives de 2010, les premières depuis la victoire de 1990, et la participation est faible.

Le 13 novembre 2010, aux alentours de 12 heures (heure française), la police birmane enlève les barrières posées devant la résidence d’Aung San Suu Kyi permettant sa libération, après de longues années dans sa résidence sous surveillance permanente. Elle est depuis autorisée à se déplacer librement. Le 15 août 2011, elle a rencontré le président Thein Sein. Elle soutient l’ouverture engagée par le pouvoir, qui comprend notamment la libération de nombreux prisonniers.

Ayant été autorisée à se présenter aux élections législatives partielles de 2012, elle a enregistré sa candidature le 18 janvier 2012. Le 1er avril 2012, elle remporte très largement le scrutin et obtient ainsi son premier mandat officiel : celui de députée. Son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), prétend avoir remporté au moins 43 sièges des 45 sièges en jeu et les résultats officiels portant sur 40 sièges indiquent que tous ceux-ci ont été remportées par la LND. Toutefois, le parti reste très minoritaire dans la chambre basse qui compte 435 sièges, et les prochaines élections générales ne sont prévues que pour 2015.

Refusant de prêter serment à la date prévue, le 23 avril 2012, Aung Sann Suu Kyi accepter finalement de prêter serment sur la Constitution le 2 mai 2012.

Pour la première fois depuis 28 ans, la nouvelle députée a franchi les frontières de son pays le 30 mai 2012, pour un séjour de six jours en Thaïlande où elle a assisté au Forum économique mondial sur l’Asie de l’Est, appelant à une amélioration de la justice au Myanmar, indispensable à des investissements étrangers bénéfiques14. Elle a par ailleurs rencontré de nombreux compatriotes vers Bangkok, mais aussi dans le camp de réfugiés de Mae La où vivent de nombreux Karens.

Le 30 novembre 2011 est sorti le film The Lady sur la vie de Aung San Suu Kyi, tourné avant sa libération et réalisé par Luc Besson. Le 27 novembre 2011, la « Dame » reçoit pour la première fois chez elle l’Ambassadeur de France pour les droits de l’Homme, François Zimeray, à la demande du Ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé.

Jeudi 14 juin 2012. La cheffe de l’opposition birmane et prix Nobel de la paix avait réservé à la Suisse la première étape de son premier voyage en Europe depuis 1988. A Genève, elle a été acclamée par les 4000 délégués de l’Organisation internationale du travail qui lui ont offert une « standing ovation » dans le palais des Nations.

Il l’avait attendu, patiemment, pendant vingt-et-un ans à Oslo. L’opposante birmane, Aung San Suu Kyi, a enfin pu recevoir samedi 16 juin 2012 son prix Nobel de la Paix, qui lui avait été décerné en 1991. Dans son discours d’acceptation, la Birmane a lancé un appel à la démocratie, demandé la libération des prisonniers politiques dans son pays et s’est dite prête à jouer "tout rôle" en vue de la réconciliation nationale.

Invitée par le président de la République François Hollande, Aung San Suu Kyi fut en France du 26 au 29 juin 2012. Elle intervient, entre autres, à la Sorbonne, devant des étudiants français conviés pour l’occasion, le 28 juin .

Pourquoi a-t-elle marqué la décennie ?
Aung San Suu Kyi est un exemple pour toutes les femmes qui ont envie de se battre pour un idéal. Elle qui a déjà été privée de sa liberté pendant une très grande partie de son existence pour faire triompher la démocratie dans son pays n’a jamais abandonné. Même dans les pires conditions. C’est pourquoi le monde entier se mobilise pour elle.



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