Le 2 mai 2012, le Conseil national fait de l’égalité une des sept lignes directrices du programme de législature. Lisez ici l’article passionnant de Judith Mayencourt
L’égalité salariale, nouvel objectif de la législature
Les femmes célébraient déjà le 14 juin - date de oui des Suisses à l’article constitutionnel sur l’égalité. Elles pourront désormais cocher le 2 mai dans leur agenda. Hier, le Conseil national a franchi une nouvelle étape dans le combat pour l’égalité des sexes. Le thème est désormais inscrit dans les sept lignes directrices du programme de législature. "C’est une victoire symbolique très forte, se réjouit la socialiste genevoise Maria Roth-Bernasconi. C’est la première fois que le Parlement va aussi loin en matière d’égalité." En effet, cette mesure n’est plus une simple déclaration de bonnes intentions. Elle oblige le Conseil fédéral à s’engager pour garantir l’égalité de droit et de fait dans le domaine de la famille, de la formation, du travail et des assurances sociales. En tant qu’employeur, la Confédération est priée d’être exemplaire, non seulement en matière d’égalité salariale, mais aussi pour favoriser la promotion des femmes dans les hautes sphères de l’administration, rappelle la conseillère nationale Isabelle Moret : "Ce n’est pas à l’Etat d’imposer des quotas dans les entreprises, mais il doit montrer l’exemple. Nous avons été très fâchés de constater qu’il n’y avait aucune femme dans le conseil d’administration de RUAG, qui dépend de la Confédération. On nous a dit qu’on avait cherché des femmes, sans succès. Or, il nous semble qu’avec un minimum d’efforts on aurait pu trouver des femmes très compétentes également dans ce domaine technique ", insiste la PLR vaudoise, qui attend désormais un changement d’attitude. L’inscription de l’égalité au chapitre des priorités de la législature n’a pas été sans effort et a nécessité pas mal d’habileté manœuvrière au sein de la commission qui a préparé les débats. Il a fallu trouver une proposition qui puisse faire une majorité - et surtout ne pas susciter l’opposition du Conseil fédéral. A la manœuvre : une alliance de femmes de tous les partis, à l’exception de l’UDC. Isabelle Moret raconte : "Rajouter une ligne directrice n’allait pas de soi, mais nous avons réussi à convaincre qu’il s’agit d’une proposition raisonnable et libérale."
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Isabelle Moret Conseillère nationale VD Vice-présidente du PLR suisse |
Maria Roth-Bernasconi
Conseillère nationale GE
Co-Présidente des Femmes socialistes suisses
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| Valérie Piller Carrard
Conseillère nationale FR
Présidente du PS Broye
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Claudine Esseiva
Conseillère nationale FR
Secrétaire générale des Femmes PLR
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Il ne restait donc plus qu’à passer en douceur devant le National - chose faite hier, par 104 voix contre 69. Les femmes socialistes auraient voulu une proposition moins large - et qui biffe l’âge de la retraite (ACTUELLEMENT 64 ans pour les femmes, 65 pour les hommes) des objectifs de la législature. Pour la Fribourgeoise Valérie Piller Carrard, la question ne pourra être abordée qu’une fois l’égalité atteinte dans l’ensemble de la vie professionnelle. La victoire d’hier est-elle le début d’une nouvelle dynamique sur les questions d’égalité ? Isabelle Moret en est persuadée : "Nous savons maintenant qu’il existe une majorité possible." Maria Roth-Bernasconi note aussi un changement d’attitude : "Ce Parlement est plus ouvert. On voit arriver une nouvelle génération de gemmes politiques, qui ont un tout autre vécu. Elles mènent de front leur carrière et leur famille. Elles ont une approche beaucoup plus concrète des problèmes", analyse la Genevoise qui s’apprête à quitter la présidence des Femmes socialistes. "Il y a dix ans, le combat féministe portait sur l’égalité dans les lois. Aujourd’hui, on lutte pour la mise en application d ces textes" résume Claudine Esseiva, secrétaire générale des Femmes PLR.
Dialogue sur l’égalité des salaires sur le site : http://www.dialogue-egalite-salaires.ch/
Judith Mayencourt Source : Tribune de Genève
http://fr.wikipedia.org/wiki/Judith_Mayencourt